14/08/2007

Serrault priez pour nous

« Ecrivez des choses drôles, ce que vous voulez, et soyez heureux ». C'était à la fin d'une interview. Michel Serrault m'avait donné ce que j'attendais de lui, de l'humour, une ou deux vérités bien senties, quelques souvenirs hilarants de tournage, du travail de pro.
Il n'avait même pas honte de ses films alimentaires qui avaient rempli leur rôle nourricier. Il remerciait quotidiennement Dieu de lui avoir donné ce don de faire rire les autres, et indirectement d'apporter un peu de consolation. Il disait ne pas vouloir mourir sans avoir fait « le bonheur de quelqu'un ».

Jeune, il avait eu la vocation, mais avait préféré à la mitre, faire le pitre (c'est une formule qui l'aurait fait partir dans ce rire haut perché de "La cage aux folles"). Il avait trouvé au théâtre une deuxième voie. Exténuant sur scène, il était en privé, « discret, pudique et grave la plupart du temps », recherchant la paix des lieux monastiques et la lecture de Teilhard de Chardin.

Au prêtre qui l'a assisté dimanche soir dans ses derniers moments en lui disant : « Allez, va faire rire le bon Dieu, il en a bien besoin, parce que c'est un boulot pas facile », il a fait un dernier « petit sourire » et s'en est allé pour toujours. Il manquera à tous les journalistes qu'il faisait rire aux larmes.


R. P.

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