22/11/2007

Francis F. Coppola prend un coup de jeune

0d5762627d591ab62eb8d0fa7c942eab.jpgAprès neuf ans d'absence, le réalisateur américain Francis Ford Coppola revient avec "L'homme sans âge", un conte philosophique sur le mythe de l'éternelle jeunesse, adapté de l'oeuvre de l'écrivain roumain Mircea Eliade.
Dominic Matei (Tim Roth) feuillette un album de photos de sa vie d'avant. L'une d'elles le montre avec Laura, sa fiancée, à Tivoli, la plage de Venise, en 1891. La musique qui accompagne sa réaction – "Que faisons-nous du temps ?", questionne-t-il – renvoie à Malher et à "Mort à Venise". Avant, Dominic Matei a été professeur de linguistique. Agé de 70 ans, il n'était plus guère pris au sérieux par ses étudiants. Il se souvenait qu'à l'âge de 26 ans, n'ayant encore rien accompli, il se disait un raté. Il pensait donc mettre fin à cette misérable existence, quand, le jour de Pâques, il est frappé par la foudre devant la gare centrale. L'homme qui ressort de la clinique où il a été transporté a rajeuni de plus de trente ans. Dominic Mattei devient donc un autre lui-même au moment où les nazis qui occupent la Roumanie projettent de dangereuses expériences sur des cobayes humains, où d'autres se demandent quel homme nouveau sortirait d'une guerre nucléaire. Dominic Mattei s'enfuit en Suisse où sa rencontre avec Veronica (Alexandra Maria Lara) va l'amener à travailler sur les origines du langage. Quelle langue parlait-on dans la grotte de Lascaux ?, se demande le spectateur.

"L'homme sans âge" brasse plusieurs thèmes, le fantastique sans doute, un brin d'ésotérisme, de mysticisme et de philosophie, et même d'humour quand il est question à Malte des faucons locaux... Plus sérieusement, conscient et inconscient s'entremêlent dans ce long métrage, un peu expérimental en ce sens que Francis Ford Coppola recherche de nouvelles voies de mise en scène à l'écart de Hollywood et de ses nécessités économiques. Lui s'en moque, porté par son seul art et peut-être aussi régénéré par la carrière originale de sa fille Sofia. "L'homme sans âge" est un film qui se mérite dans un paysage cinématographique dominé par les blockbusters et les remakes de remakes. D'ailleurs, le réalisateur de "Apocalypse now" recommande de voir son film au moins deux fois. Il est vrai que "L'homme sans âge" tend à se bonifier à la deuxième projection, prend même un coup de... jeune, alors que tant de films vieillissent mal.
R. P.

21:30 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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