27/02/2008

John Rambo en Birmanie avec les horreurs

Sylvester Stallone a raison : on ne peut pas tous être Daniel Day-Lewis. Lui, c'est "Rocky" et "Rambo" qui l'ont rendu riche et célèbre. Il en sait quelque chose : en repérages en Thaïlande dans la jungle à la frontière birmane, les villageois le saluaient de "Rambo" répétés. Vingt ans d'absence avaient sans doute créé un manque et pour Stallone le désir de reprendre de l'exercice pour la bonne cause – toujours cette lutte du bien contre le mal – et d'inverser la spirale du bide. Et puis, la Birmanie est l'une des dernières grandes causes pour laquelle on peut s'engager sans que cela suscite de réactions négatives, hormis de la part de la junte birmane et peut-être des sociétés pétrolières. On sait que plusieurs acteurs birmans engagés sur "John Rambo" ont dû depuis se mettre au vert... Que pour certains, leurs familles ont été arrêtées, des parents ont été emprisonnés, d'autres torturés ou violés. « Pendant que je vous parle, dit Stallone, six personnes auront été torturées en Birmanie ».
Moins polémique que l'Afghanistan sous domination soviétique ("Rambo 3"), ou l'Irak – « Ce serait une insulte de penser qu'un homme va changer le monde aussi facilement », c'est en Birmanie que Stallone a situé les nouvelles aventures de l'ex-soldat Rambo sollicité par des évangélistes américains pour les guider vers les tribus Karen qui sont l'objet d'un véritable génocide de la part des militaires birmans. La violence que l'on voit à l'écran, n'est, paraît-il, qu'un échantillon de la réalité sur le terrain. Le soldat Ryan ne nous avait-il pas habitués au pire... « Rambo a passé sa vie couvert de sang. Il se fout du monde, veut qu'on le laisse tranquille », dit Stallone qui se dit « fasciné par Dante et son voyage vers l'enfer ».
Il est vrai que la seule réprobation que suscite Rambo est celle des missionnaires évangélistes. "Vous essayez de changer ce qui est. Mais nous sommes des animaux. La guerre est une chose naturelle, c'est la paix qui est un accident", leur réplique l'homme de l'arc. Chez lui tuer c'est comme respirer. Le spectateur retient son estomac.
Sylvester Stallone s'était engagé à réaliser "Rocky Balboa" pour vingt millions de dollars. Les recettes américaines ayant multiplié cet investissement par quatre, le feu vert lui a été donné pour un quatrième Rambo. Car si le soldat Rambo mourait à la fin du roman de David Morrell, Stallone le sauve de la jungle birmane.
A la fin, on le voit arriver près du ranch de son père. « C'est un Indien et de sa culture primitive il (John Rambo) tient sa survie. C'est fou ce à quoi je pense maintenant pour lui », ajoute l'acteur-réalisateur qui n'exclut par une « jeunesse de Rambo » avec lui derrière la caméra. Ce "John Rambo" Sly l'a dirigé en caméra subjective « comme si c'était Rambo lui-même qui tenait la caméra ». Et c'est efficace.
R.P.

15:37 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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