27/02/2008

"Paris" de Cédric Klapisch

82f274ec473f5222e15355a772da705c.jpgTreize ans après "Chacun cherche son chat", Cécric Klapisch montre que Paris peut encore être un excellent sujet de film. "Paris" devient même une mosaïque d'histoires dans une ode à la plus belle ville du monde qui n'est pas dans l'optique de son réalisateur juste une ville-musée sans âme qu'arpentent les millions de touristes étrangers. A l'image du tracé du métropolitain, "Paris" déroule la trame de son scénario un peu dans tous les sens, d'un bourg africain à Rungis, en passant par le Paris de la mode ou le Paris historique (les catacombes).
Pierre (Romain Duris), danseur de revues au Moulin Rouge, malade soudainement du coeur, se demande s'il ne va pas mourir. Cloîtré dans son cinquième étage où il attend une greffe, il épie sa voisine Laetitia (Mélanie Laurent), une jeune fille pleine de vie qui vit une brève histoire d'amour avec son professeur de fac, un historien travaillé par le démon de midi (Fabrice Luchini) dont le frère (François Cluzet) architecte dans le quartier de la Grande Bibliothèque, attend avec son épouse un heureux événement. Des maraîchers (Albert Dupontel, Gille Lellouche, Zinedine Soualem), une boulangère un tantinet raciste (Karin Viard), un psy (Maurice Bénichou), d'autres personnages secondaires, forment les acteurs de cette comédie humaine dont les pivots sont Pierre et sa soeur, Elise (Juliette Binoche) une assistante sociale qui vit seule avec ses deux petits enfants.
Dans ce film choral, chacun promène ses problèmes, ses névroses, ses obsessions ou ses rêves dans un Paris qui ne cherche pas à éviter le cliché, quand le jeune immigré tout juste arrivé clandestinement du Cameroun, vérifie que le Paris qu'il découvre, en l'occurrence Notre-Dame, correspond bien à la vieille carte postale en noir et blanc qui l'a aidé à supporter les dures conditions de son errance jusque dans la capitale. Cédric Klapisch qui, dit-il, a beaucoup filmé Paris, montre que Paris s'est enrichie au cours de son histoire des apports qu'elle a reçus d'ailleurs. "C'est ce métissage des époques et des communautés qui fabrique Paris", ajoute-t-il.
"Personne n'est jamais content, on râle, on aime ça", dit Pierre qui les observe de sa fenêtre. Ces Parisiens sont heureux mais ne le savent pas, semble-t-il ajouter dans le taxi qui l'emporte un matin vers son opération de la dernière chance.
R.P.

Chronique parue dans l'Indépendant du 20 février 2008.

15:45 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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