09/03/2008

Kad Merad : "Avec Dany Boon, c'est facile"

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Avec "Bienvenue chez les Ch'Tis", Dany Boon, l'enfant d'Armentières, réalise une comédie cocasse sur ces gens du Nord en poussant aussi loin que possible les clichés. Kad Merad y interprète un directeur de la poste de Salon-de-Provence muté à Bergues dans un Nord qu'il imagine froid et pluvieux.

Pour vous le Nord, c'est quoi ?
Personnellement je n'ai absolument pas d'a priori. Tous les clichés dans le film sont grossis puisqu'il s'agit d'un divertissement. On vient dans le Nord par hasard à l'occasion d'une tournée de théâtre. Tous les artistes vous diront que les meilleurs accueils sont dans le Nord. Pourquoi ? C'est à vous de me le dire...
Peut-être le problème climatologique, vous allez me dire.


Achèteriez-vous une maison de campagne dans le Nord ?
Ah non, quand même pas ! Pendant le tournage j'ai habité à Malo-les-bains, à côté de Dunkerque, dans une petite maison. J'ai trouvé l'endroit sympa. Maintenant, on n'achète pas des maisons comme ça... Si j'avais les moyens, franchement j'achèterais ici, c'est pas loin de Paris, il y a la mer.

Et à Porquerolles pour le même prix ?
J'ai une maison à Marseille, parce que je suis plus ou moins lié à Marseille. Mais je pense que si j'avais une famille dans le Nord, j'y aurais peut-être acheté une maison pour être proche de ma famille. C'est un lieu de vacances ici. Vous avez déjà fait du char à voile, c'est extraordinaire. Les plages ne sont pas faites juste pour bronzer en maillot de bain.

Dany Boon, que représente-t-il pour vous ?
J'adorais déjà Dany comme artiste. Il est extrêmement poli avec tout le monde, du stagiaire à la vedette. Avec Dany c'est facile. Dany est au travail, tel qu'il est dans la vie, simple. En même temps on s'est un peu fritté. Il est tellement précis et exigeant, mais je comprends, c'est son deuxième film. Il vient de tourner avec Francis Veber et Patrice Leconte qui sont dans le domaine de la comédie un peu les maîtres. Il a envie de ressembler à ces gens-là.

Etait-ce tendu ?
C'était de la "friterie" pour le bien. Comme dans les histoires d'amitié, on n'est pas d'accord tout le temps. Il y a eu une mise au point sur la façon dont on allait travailler. On allait passer beaucoup de temps tous les deux, on devait créer ce fameux duo. Au départ de l'histoire, on ne s'aime pas. Je suis le patron de mauvaise foi qui refuse d'aimer ces gens-là. Et lui, il ne m'aime pas non plus. Cela nous a servis. On s'est apprivoisé, reniflé. Moi, j'aime bien quand il y a une confrontation d'idées et de travail. Il est exigeant mais c'est aussi très agréable.

Etes-vous critique sur vous-même ?
Forcément. Tout le temps, pour la moindre apparition.

Aimez-vous vous regarder ?
Au cinéma oui. Dans les émissions de télé, je trouve ça horrible. Jusqu'à présent j'ai la chance d'avoir fait des films que j'ai adorés.

Comment avez-vous géré les rires ?
Il y a eu des moments très durs. Car Dany est très rieur. Il a déjà un oeil qui brille. C'est très difficile quand vous jouez des scènes en ch'ti. Quand vous le faites quinze fois, ça fait plus marrer, surtout l'équipe. Il n'y a pas beaucoup de métiers où l'on a ce genre de fous rires.

Les Ch'Tis ont-ils été heurtés par l'image que l'on donne d'eux ?C'est un film d'auteur. Dany y a mis ses tripes, son histoire, sa vie. Il s'est inspiré de sa mère, de ses potes. Il dit des choses très vraies. Et les préjugés tombent. Peut-être le fait qu'il pleuve directement après le panneau, cela a-t-il pu en heurter quelques-uns...

Il y a des scènes aussi très émouvantes...
L'émotion, elle est dans la façon dont Dany a mis en scène et dont il a écrit les séquences. Elle n'est pas appuyée, voulue. C'est formidable de savoir que des gens sont touchés par le film en dehors du fait qu'on rigole beaucoup.

On pourrait envisager une suite... à Porquerolles ?
Si le film a énormément de succès, si vraiment cette bande-là les gens l'adore, vont jusqu'à mettre des posters dans leurs chambres comme pour Ricky Martin ou Georges Chelon – existent-ils toujours ? -, mais il faut un scénario.

Vous vous êtes confronté à Line Renaud...
Elle a cette grandeur des stars, hyper simple, généreuse. Elle s'intéresse à vous. Contente d'être là. C'est un régal. Cette femme a traversé les modes et elle est encore là. Elle me fait penser à Philippe Noiret avec qui j'ai joué pratiquement à la fin dans le film de Michel Boujenah ("3 amis", ndlr). Des personnes qui sont des légendes, mais qui vous parlent de vous tout le temps.

Recueilli par Richard Pevny

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