30/04/2008

Petits meurtres entre amis sous la double autorité d'Agatha Christie et de Pascal Bonitzer

Pierre Collier (Lambert Wilson), un psychiatre chef de clinique est assassiné au domicile d'un sénateur (Pierre Arditi) au cours d'un week-end. Sa femme (Anne Consigny) a été arrêtée un revolver à la main à côté de la victime. L'arme a fini au fond de la piscine, mais révélera le commandant Grange (Maurice Bénichou), ce n’est pas l’arme du crime. Du coup la coupable désignée qui avait mille raisons de supprimer un époux volage, n'est plus la seule à être suspectée. D’autant qu’un deuxième meurtre vient mettre un peu plus d’opacité dans ce récit écrit par Agatha Christie. Mais pour le réalisateur Pascal Bonitzer qui l'adapte, pas d'Hercule Poirot en perspective, car seule la BBC a l’exclusivité du personnage.
Comme l’a fait Pascal Thomas a trois reprises ("Mon petit doigt m’a dit", "L’heure zéro"et "Le crime est notre affaire" (sortie en octobre prochain), Pascal Bonitzer a adapté l’intrigue à la mentalité française, mais sans la pétulance, la truculence du tandem Dussolier-Catherine Frot dans les films de Pascal Thomas qui a un goût inimitable pour la "comédie policière". Néanmoins, "Le grand alibi" au titre hitchcockien, nous fait partager la passion de Pascal Bonitzer pour le film noir. Car "Le grand alibi" est né de l’envie du scénariste de Jacques Rivette et d’André Téchiné de se confronter au cinéma de genre.
Reste que tout n’est pas noir dans le sixième long métrage de Pascal Bonitzer. Miou-Miou en épouse de sénateur, transposition à la française de l’excentrique lady du roman, est ce personnage de comédie qui se cache au cœur de tout drame, d’une naïveté déconcertante, presque enfantine. Quant à l’époustouflante Italienne Caterina Murino, Pascal Bonitzer n’a pu s’empêcher de la déshabiller intégralement, ce qu’elle fait avec grâce. Cela aussi c’est du cinéma de genre…
R. P.

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18:45 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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