13/06/2008

Indiana Jones, la première Croisette

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Et le vent s'est soudainement levé. Un vent de folie, quand ont retenti les trompettes d'Indiana Jones, la célèbre musique de John Williams. Une clameur s'est élevée du public massé de part et d'autres du Palais des festivals. Steven Spielberg, George Lucas son producteur, Harrison Ford, Cate Blanchett, Karen Allen et le nouveau venu dans la saga, Shia LaBeouf, ont alors gravi les marches pour livrer au monde les 123 minutes du quatrième opus des aventures d'Indiana Jones.
En fait tout avait commencé en début d'après-midi avec la presse dans le grand auditorium Louis-Lumière. On avait dû jouer des coudes, montrer son badge, mais malgré cela, beaucoup étaient restés en bas des marches. Après coup, l'on se disait que, finalement, le principal n'était-il pas de pouvoir dire plus tard, qu'on y était, après tout ce temps, deux décennies. Quant au public, il ne pouvait que regarder les heureux élus gravir ce fameux tapis rouge, le même qui accueillerait six heures plus tard l'équipe du film. " On peut quand même attendre deux jours ", dirait l'un de ces badauds. " Nous avons eu le sentiment que Cannes était le meilleur endroit pour présenter le film à la presse mondiale ", devait ensuite déclarer, lors de la conférence de presse, le réalisateur qui n'était pas venu à Cannes depuis "La couleur pourpre", ce film qui, il y a vingt-trois ans, avaient fait couler surtout des larmes. On pouvait en essuyer une en regardant passer près de soi le tandem Spielberg-Lucas, les deux plus grands illusionnistes hollywoodiens. Il est vrai que même parmi les journalistes, les fans étaient encore les plus nombreux, faisant entendre leurs voix comme des supporters au stade ; ils ne s'interrompraient qu'après le générique. J'en avais à ma droite un spécimen. Il n'arrêterait pas durant la projection de manifester son enthousiasme. Il y avait de quoi, tant la mise en scène brillante de Steven Spielberg reste fidèle à ce cinéma de genre qui rend somme toute la vie plus supportable que dans les films de Bruno Dumont.
A la sortie, les avis se partageraient entre les critiques qui pensaient que cet Indiana Jones n'apportait rien de créativement neuf – ce qui ferait dire à Harrison Ford : "je m'attends à être fouetté" – et les blasés pour qui c'était un opus de trop et les inconditionnels. J'en rencontrai un dans les escaliers.
Pascal Vignes avait quitté un jour la gérance d'un vidéoclub à Nîmes pour tenter sa chance dans la réalisation. Il avait réalisé trois maquettes pour un futur long métrage et baptisé sa petite maison de production "Les films du troisième type" (1). En 1981, il avait 17 ans, quand sont sorti "Les aventuriers de l'arche perdue". C'est devenu son " film de chevet ".
Hier, Pascal Vignes n'avait pu voir Indiana Jones, mais grâce à son badge du "marché du film", il s'était retrouvé devant son réalisateur fétiche, sans l'avoir cherché. Steven Spielberg, à la sortie de la conférence de presse, s'était arrêté pour signer quelques autographes. Pascal était au premier rang et avait tendu à signer une carte de visite qu'il avait en poche. Il n'en revenait toujours pas.
Pour lui, comme pour d'autres, le festival de Cannes avait fait hier un long arrêt sur image. L'image d'un Harrison Ford en grande tenue d'aventurier. "Ce qui compte, c'est d'y croire", dirait George Lucas
De notre envoyé spécial Richard Pevny
(1) Pour tout financement éventuel : www.ducrepusculealaube.com

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