13/06/2008

Quand Indiana Jones rencontre E.T.

Vingt-sept ans déjà ! Une génération. Durant ce laps de temps, le monde communiste s'est effondré en Europe centrale, et la crainte d'une guerre nucléaire s'est éloignée. La menace, elle, s'est déplacée, déguisée, elle est devenue plus sournoise, mais pas moins meurtrière.
Nous avons envoyé des robots sur Mars et des exoplanètes, c'est-à-dire situées dans d'autres systèmes solaires comparables au nôtre, ont été découvertes en attendant celle qui pourra répondre à la question d'une vie ailleurs dans l'Univers.
Ces questions sur la menace d'une guerre nucléaire et la vie extraterrestre sont essentielles pour situer le quatrième opus des aventures d'Indiana Jones. En 1981, arrivaient sur les écrans, les aventures d'un archéologue à mi-temps qui faisait claquer son fouet à la barbe des "archéologues" nazis à la recherche du Graal. Longtemps après, ce qu'il nous en restait, c'était un sourire presque espiègle sous le feutre marron, un sourire de grand adolescent. Nous avions besoin de nous identifier à Harrison Ford, cet acteur qui se demandait s'il devait continuer à végéter dans des séries télévisées ou se reconvertir dans la menuiserie, quand George Lucas en avait fait un mercenaire de l'espace, dans un personnage têtu et indiscipliné qui préfigurait celui d'Indy Jones.
En trois films, Steven Spielberg, ce cinéaste en basket qui ne quittait jamais sa casquette de base-ball, nous réconciliait avec le cinéma d'aventure. Il y avait eu aussi "E.T." et des films plus dramatiques dont "La liste de Schindler", histoire de nous prouver que son talent – il faudrait dire son génie – ne se limitait pas au cinéma de genre.
Steven Spielberg empilait des films comme autant de best-sellers – "Jurassic Park", "Il faut sauver le soldat Ryan", "Minority report", "La guerre des mondes"... -, mais point d'Indiana Jones. Comme si à la sortie de Petra, dans "Indiana Jones et la dernière croisade", l'archéologue qui faisait se pâmer ses étudiantes, s'était évaporée dans le désert jordanien.
Il nous restait aussi cet air de John Williams dans la tête, avec le secret espoir qu'un jour ou l'autre, enfin tant qu'Harrison Ford aurait des jambes pour courir, il se ferait réentendre dans une salle de cinéma. Dans "Le royaume du crâne de cristal", après une introduction très rock'n'roll sorte de clin d'oeil à "American graffiti", l'air célèbre revient immédiatement avec l'apparition de notre héros. Les méchants ont changé de camp, ils sont communistes. Il est vrai que nous sommes en 1957, un sale temps de guerre froide.
La première scène a pour cadre une base militaire du Nouveau-Mexique où se prépare le premier essai de la bombe atomique. Ce qu'y recherchent les agents de Staline, c'est un crâne de cristal, une relique rescapée de l'empire aztèque.
" Ça va pas être aisé ", dit Mac à Indiana Jones tenu en respect par les sbires de l'implacable Irina Spalko, prête à tout pour s'emparer du fameux crâne. Réponse d'Indy : " Pas autant qu'autrefois ". Dans cet épisode de 2 heures, Indiana Jones s'exprime en Quechua et sait toujours faire claquer son fouet. Il a un fils, ne le sait pas encore, à la dégaine d'un Marlon Brando et une moto très utile dans une fameuse scène de course-poursuite.
Il y en a d'autres, en jeep, en bateau et même de liane en liane jusqu'à une cité perdue fréquentée par des créatures d'un autre monde. En résumé, de bonnes surprises, une mise en scène qui ne se relâche jamais et un Harrison Ford à la hauteur de la réputation de son personnage.
R. P.

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