26/09/2008

"Faubourg 36" de Christophe Barratier

Le Chansonia, ils l’ont tenu à bout de bras, aussi quand son propriétaire disparaît, laissant des caisses vides, que la salle de spectacle passe entre les mains du véreux Galapiat (Bernard-Pierre Donnadieu) ui a le bras long et de l’argent, Pigoil (Gérard Jugnot), Milou (Clovis Cornillac), Jacky (Kad Merad), Célestin (François Morel) et les autres voient rouge et décident d’occuper les lieux, décidés à le remettre en route. Pour Pigoil, quitté par sa femme, privé de visite à son fils (Maxence Perrin, le fils de Jacques Perrin, qui jouait le petit Pépinot dans "Les Choristes", il s’agit de retrouver un peu de sa dignité. Cette dignité, Milou, le leader syndical, un faux air du Gabin du "Jour se lève", entend bien la faire respecter. Jacky se voit sur une grande scène en imitateur de Fernandel, mais c’est Douce (Nora Arnezeder) qui a de la voix et du talent pour remplir la salle et faire à nouveau aimer le music-hall.
Christophe Barratier à la baguette de cette comédie dramatique et musicale réussit dans cette délicate alchimie. Les décors d’un Paris des faubourgs, entièrement reconstitués dans la banlieue de Prague, auraient plu à Alexandre Trauner le décorateur des "Enfants du Paradis". Quant à Piaf, Fernandel ou Trénet, ils ne sont guère loin. Ce magicien qu’est Christophe Barratier ressuscite le réalisme poétique pour n’en garder que ce qui en fait toute la poésie.
R. P.

Voir aussi la rubrique Travellings.

22:53 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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