23/05/2009

Cannes : "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar

Harry Caine ne s'est pas toujours appelé ainsi. Dans une autre vie il a été Mateo Blanco, réalisateur. C'était il y a quatorze ans. Un accident sur une route de Lanzarote l'a privé de la vue et de la femme de sa vie, Lena. Depuis, sous le pseudo d'Harry Caine, Mateo écrit des scénarios avec l'aide de Diego, le fils de son ancienne directrice de production. Pour l'adolescent, Mateo affronte les fantômes de son passé et termine le montage du film qu'il avait tourné avec Lena et que son producteur avait saboté par jalousie. « Il faut savoir terminer un film, même si on n'y voit pas très clair », dit Mateo/Almodovar pour qui les oeuvres appartiennent à leurs créateurs. Pedro Almodovar fait de Mateo Blanco son double à l'écran, l'incarnation de sa passion jamais démentie pour le cinéma. « Le cinéma perfectionne la vie », nous disait-il avant l'ouverture du Festival de Cannes.

Le film est aussi l'histoire de Lena qui rêvait d'être actrice. Lena filmée tour à tour en perruque blonde façon Marilyn ou dans une attitude très Audrey Hepburn. Mais c'est Penelope Cruz, icône du cinéma, que voit le spectateur, Penelope égérie almodovaresque dans un mélodrame où la passion le dispute à la trahison, la jalousie à la culpabilité. "Etreintes brisées" est un grand film sur la nature humaine et la place de l'artiste dans la création.

 

R. P.

 

 

16:28 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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