23/05/2009

Sophie Marceau et Monica Bellucci : une bouffée de glamour sur la Croisette

Elles ont quoi ? Une scène ou deux ensemble... Et pourtant à partir de ce mince constat, "Ne te retourne pas" de la réalisatrice Marina De Van agit comme un fort magnétisme sur le spectateur. Soyons méchants : sans elles deux, ce film qui traite de schizophrénie à deux balles, ne vaudrait pas tripette. Frustrés par un manque total de glamour depuis le début de ce festival, les journalistes, dont la majorité ont semble-t-il détesté "Ne te retourne pas", se sont pourtant rués à la conférence de presse des deux stars, sans doute parce que les étoiles comptent plus que le ciel qui les renferme. On pardonne tous ses écarts à une Isabelle Adjani, justement parce qu'elle est Isabelle, et quand elle pleure dans un mauvais film ("Toxic affaire") avec plan rapproché sur la boîte de kleenex, on essuie discrètement une larme. Alors pensez-vous, Monica -c'est à tu et à toi avec elle quand elle répond à vos questions- peut tourner n'importe quelle niaiserie avec Bruce Willis ou être la Marie Madeleine de Mel Gibson, elle est pour nous la Bellucci, et Sophie -vous permettez que je vous appelle Sophie- peut incarner une Belphégor de pacotille, notre coeur fait boum quand notre regard la rencontre sur les abribus enveloppée d'une fragrance dont elle est l'égérie.

Elles sont arrivées sur la Croisette précédées d'une photo de leurs nudités quasiment fondues l'une dans l'autre à la une d'un hebdo people. "Quand j'ai raconté que j'avais tenu Monica nue dans mes bras, j'ai vu les yeux des gens s'ouvrir comme des soucoupes", rapportait Sophie Marceau dans les pages intérieures. Et pour que nos yeux s'écarquillent encore plus, Monica Bellucci à son tour déclarait : "Moi, je laisse parler ma sensualité de manière très italienne, je vis mon corps avec beaucoup de liberté". A la question : pourquoi le festival avait-il invité, même hors compétition, un film tel que "Ne te retourne pas", la présence de nos deux icônes à Cannes en était la réponse la plus manifeste. Hier donc, durant les quarante-cinq minutes de leur conférence de presse commune -au trio de femmes s'était joint Andrea Di Stefano, ce veinard-, on baignait dans la déclaration d'amour : de Sophie à Monica ("Elle a une présence, une densité"), de Monica à Sophie ("C'est une femme, une actrice qui m'inspire"), d'un journaliste brésilien à Monica ("Vos yeux, rien que vos yeux").

Marina De Van 38 ans, spécialiste de Kant, scénariste de François Ozon sur la plupart de ses films, a été impressionné "une demi-journée" de tournage par ces deux stars. "Ensuite, on se lance... Je me sentais synchronisée même physiquement avec elles".

Pour ce film qui évoque les blessures de l'enfance et la quête d'identité, et dont la sortie est annoncée pour le 3 juin, le Festival de Cannes aura été une opportunité exceptionnelle. Même avec une projection à 0 h 30 avec montée des marches en nocturne de ses deux actrices, dans une tenue dont elles réservaient la surprise au public. Cette nuit, on s'est sans doute couché très tard sur la Croisette, et ce n'était pas pour la nuit des musées. Les deux Vénus qui ont foulé le tapis rouge à une heure où beaucoup sont dans les draps de la nuit, n'étaient pas de marbre.

 

Richard Pevny

 

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