19/07/2009

Ava Gardner : la bio

ava.jpg"Vous êtes une très jolie petite demoiselle. Vous devriez aller à Hollywood", lui avait dit Henry Fonda dans ce club de New York. Si sa soeur aînée, Bappie, n'avait poussé la porte du studio de photos Tarr à l'angle de la 5e Avenue et de la 63e Rue, Ava Gardner, l'une des femmes les plus sensuelles à l'écran, aurait sans doute finit sa vie quelque part du côté de Wilson en Caroline du Nord, « heureuse et contente de mener une dure vie de labeur », écrira la star dans ses mémoires (1) terminées peu avant sa mort en janvier 1990 à Londres, à 67 ans, usée par l'alcool et le tabac, épuisée par une pneumonie, partiellement paralysée après une attaque en 1986. Elle avait été d'une insolente beauté, « irradiait d'une telle magnificence qu'elle suffisait à lui donner du talent » , écrit à son tour Bertrand Meyer-Stabley dans "La véritable Ava Gardner" (2). Grâce à une photo en vitrine du studio de Larry Tarr, la jeune fille est repérée par un sergent recruteur de la MGM, et tourne un bout d'essai envoyé à Hollywood où George Sidney, le futur réalisateur de "Show Boat", le visionnant, aurait déclaré : « Dites à New York d'expédier la marchandise, c'est du premier choix ». Ava Gardner va donc partir pour la capitale du cinéma un contrat de sept ans en poche. A la MGM, elle alterne tournages, posant devant la caméra son corps parfait, son allure mystérieuse, comme un « objet de décoration », et romances. Mickey Rooney la fait rire quand il n'est pas au téléphone avec les bookmakers, le chef d'orchestre Artie Shaw est en adoration, Howard Hughes la fait secrètement surveiller et avec Frank Sinatra le mariage se révèle orageux. Mais c'est sur l'écran en noir et blanc qu'elle construit sa légende, en femme fatale de film noir dans "Les tueurs" de Robert Siodmak, « hanches ondulantes et (au) décolleté vertigineux, capable de flanquer le feu à la planète en restant adossée contre un piano » (1). N'être qu'une chose agréable à regarder, c'était peut-être un rêve de starlette, ce n'était pas celui d'Ava, qui avait du tempérament, le montra dans quelques productions majeures dont "La comtesse aux pieds nus" de Mankiewicz et "Pandora", son premier film en technicolor tourné à Tossa de Mar en Catalogne au début de 1950.

R. P.

 

 

(1) Presses de la Renaissance, 1991.

(2) Pygmalion. 250 p., 21,90 euros.

 

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