25/11/2009

"Un prophète" de Jacques Audiard : un Grand prix qui a valeur de Palme d'or

audiard.jpgSi pour "les fils de" le plus dur est de se faire un prénom histoire d'exister par eux-mêmes, il y a longtemps (cinq longs métrages majeurs), que Jacques Audiard n'est plus (seulement) le fils de Michel Audiard, même si indubitablement il l'est jusqu'au plus profond de son être. C'est dire qu'il y a des Grand prix à Cannes qui ont valeur de Palme d'or. C'est le cas de "Un prophète" Ce film parle de pouvoir, de filiation, de transmission et qui sait de rédemption. "Un prophète" évoque certes le milieu carcéral dans ce qu'il a de brutal, un monde clos sans humanité à la violence extrême, très loin de la mythologie du film de truand propre à un José Giovanni ou à un Jean-Pierre Melville. "Un prophète" se situe plus du côté de "Mesrine" (avec un scénariste commun aux deux). Orphelin et analphabète, Malik, 19 ans, est envoyé en Centrale pour y purger six années de cabane. Sans ami, sans protection, il tombe très vite sous la coupe du clan corse dominé par la gueule haute en couleur de César Lucciani – interprétation magistrale de Niels Arestrup. Les Corses ont besoin de Malik pour éliminer un témoin gênant en attente de procès. Ce sera son initiation. Dès lors, Malik accomplit pour Lucciano un certain nombre de "missions", lui servant aussi de bonne à tout faire, dans une prison aux mains des Corses, tant du côté des taulards que de celui des matons, par lâcheté ou par cupidité. Le jeune homme fait son chemin, comme ont fait ses humanités, dans le monde des truands. Il apprend à lire, à écouter ses voix intérieures, à créer son propre réseau, et quand les Corses deviennent minoritaires, il se rapproche des barbus désormais les plus nombreux. Entré en prison quasi vierge, il en ressortira en vrai malfrat, après une traversée du désert, 40 jours et 40 nuits au mitard. .

 

R. P.

 

 

21:58 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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