01/01/2010

Louis-Do de Lencquesaing "Le père de mes enfants"

lepere.jpgIl a tourné dans une cinquantaine de films sous la direction de Chabrol, Godard, Desplechin, Laetitia Masson, Michael Aneke, Benoît Jacquot, Jacques Doillon ou Olivier Assayas chez qui il a rencontré Mia Hansen-Love qui partage la vie du réalisateur des "Destinées sentimentales". Louis-Do de Lencquesaing n'est donc pas tout à fait un inconnu, pas même pour les amateurs de "Louis la brocante" ou "Avocats et associés", ne serait-ce que pour son physique à la B-HL. Cela le fait sourire, sa fille aussi. Car Louis-Do partage avec sa fille Alice l'affiche du "Père de mes enfants", le deuxième long métrage, après "Tout est pardonné" en 2006, de Mia Hansen-Love. Dans "Le père de mes enfants", la jeune réalisatrice de 28 ans évoque en filigrane la figure du producteur de Youssef Chahine et de James Ivory, Humbert Balsan, qui en 2005 s'est suicidé criblé de dettes. Grégoire Canvel est donc ce producteur, toujours en mouvement, fume beaucoup, téléphone au volant, que tout le monde admire mais que personne n'aide, qui donne vie à des films que personne ne voudrait financer, un producteur au bord de la faillite, au catalogue hypothéqué, confronté à l'ego de cinéastes "exigeants" et d'acteurs dépressifs. Par ailleurs, cet homme a une famille merveilleuse, deux petites filles adorables et une épouse italienne aimante. Le film est construit en deux parties autour de la disparition de cet être charmeur, généreux et séduisant. Le talent de la cinéaste est de faire de cette absence, dans la seconde partie, une présence, dans les lettres qu'il a laissées, les films qu'il a financés, le souvenir de promenades dominicales jusqu'aux ruines d'une ancienne commanderie templière.

Humbert Balsan, Louis-Do de Lencquesaing l'a rencontré à deux ou trois reprises, "la dernière fois, j'ai dîné à côté de lui, trois semaines avant sa mort. Il me connaissait, on vient du même milieu". Louis-Dominique de Lencquesaing, un nom plutôt difficile à retenir pour un acteur. "Une fois qu'on l'a, on ne l'oublie pas, disait mon père". Le père de Louis-Do était banquier. "Je n'ai jamais eu de problème avec l'argent", dit son fils. "Dans la famille on est doué pour beaucoup de choses", dit Louis-Do. La mère d'Alice est une directrice de la photographie célèbre dans le métier, sa marraine est l'actrice Nicole Garcia. "C'est émouvant pour un, père et sa fille de partager autre chose que la vie quotidienne". Père et fille – elle avait sept ans – ont joué ensemble au théâtre et le père a dirigé sa fille dans un court métrage "Même pas en rêves". Pourtant Alice ne ressent pas d'envie profonde pour ce métier. "Je l'ai fait parce que mon père jouait dedans. Ça m'a beaucoup aidée".

 

R. P.

 

 

17:42 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.