01/01/2010

Paranormal activity

para.jpgC'est un petit film de rien du tout, 11 000 dollars, une paille au pays où les budgets de tournages se chiffrent en millions de dollars. Reste que ce ne sont pas les films les plus chers qui font les meilleures recettes, ou des recettes supérieures à leurs coûts faramineux. C'est dire que si "Paranormal activity" a coûté une paille, il n'en a pas moins d'ores et déjà rapporté un gros paquet à ses concepteurs. Normal, au départ, ce film n'était pas destiné à une exploitation commerciale à grande échelle. Oren Peli, scénariste et réalisateur de la "chose" – le terme n'est pas complètement inapproprié -, a fabriqué son jackpot chez lui, dans la banlieue de San Diego, en sept jours, avec l'aide de sa petite amie Toni et son pote Amir, tous deux bombardés coproducteurs.

Leur nouvelle maison dans un quartier plutôt calme, s'est révélée être pleine de bruits nocturnes qui ne s'expliquaient pas tous, du moins d'un point de vue rationnel. Pas de quoi paniquer, même si Toni commençait à se sentir "hantée" à l'image du personnage de Katie. Et c'est là qu'Oren Poli a eu la bonne idée d'installer des caméras vidéo qui fonctionneraient durant leur sommeil. Et si les images se révélaient être bonnes, on pourrait en faire un long métrage habillé en faux film d'amateur, le genre "Projet Blair Witch". "Paranormal activity" est l'histoire d'un jeune couple qui suspecte leur maison d'être hantée. Après avoir consulté un spécialiste en démonologie qui leur conseille de foutre le camp, Katie et Micah décident d'installer une vidéo surveillance durant la nuit. Tout le film est une alternance de scènes de jour, où l'on voit nos deux présumés amoureux vaquant à leurs tâches quotidiennes, et de scènes nocturnes durant lesquelles il ne se passe rien ou presque rien. Enfin, pas tout à fait rien... Ou si peu, et c'est ce peu qui fait tout le sel de "Paranormal activity"On l'a compris, moins il se passe des choses – pourtant si l'on y regarde bien, des choses passent devant la caméra vidéo -, plus l'on est censé avoir peur. Steven Spielberg qui a acheté le film pour en faire un remake, puis s'est ravisé en se disant que l'original se suffisait à lui-même, aurait été terrorisé, au point de ne plus pouvoir rester seul dans une pièce. Hitchcockien. .

Le problème, c'est que pendant 86 minutes le spectateur se demande pourquoi il est venu voir ou entendre des portes qui claquent, des ombres qui passent et des empreintes laissées dans la farine placée à l'entrée de la chambre. Mais c'est après, une fois le spectateur rentré chez lui, que ce film d'horreur produit ses méfaits...

 

R. P.

 

 

17:48 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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