08/08/2010

Carlos +

On l'avait annoncé depuis quelques jours comme l'un des événements de ce festival de Cannes, mais en fait les 5 h 33 de "Carlos" d'Olivier Assayas – présenté hors compétition -, n'ont pas fait grimper, hier, à l'heure du déjeuner, les journalistes aux rideaux, alors que "Route Irish" de Ken Loach, le film de dernière minute de la compétition, affichait complet, mais il est vrai dans une petite salle, généralement réservée aux films... hors compétition. Allez comprendre pourquoi ! Il est vrai que "Carlos" a été l'objet d'un débat au sein même du festival : devait-il ou non être en compétition ? Le réalisateur des "Destinées sentimentales" eut tout de même sa montée des marches vers l'auditorium Lumière, où les journalistes refoulés de la salle Bunuel qui présentait le Ken Loach, n'eurent droit qu'à une portion congrue de fauteuils, et sur les côtés. Certes, bien que diffusé en feuilletons sur Canal +, "Carlos", nous dit Olivier Assayas, a été réalisé tel un vrai film de cinéma, en scope, de Londres à Paris ou Beyrouth, en 92 jours, avec un nombre incalculable de figurants, ou d'automobiles emblématiques de l'époque racontée, les années soixante-dix, années d'attentats et de prises d'otages, telle celle de la conférence des ministres du pétrole au siège de l'OPEP à Vienne en décembre 1975 qui restera le plus haut fait d'armes de Carlos. Reste que dans tout cela, c'est Canal +, partenaire privilégié du festival, qui réalise une excellente opération de promotion de la chaîne câblée à quelques jours du Mondial de football. Ne sera-t-elle pas à l'avenir en droit d'exiger que l'une de ses productions télévisuelles maison de l'année, soit inscrite d'office dans la sélection cannoise ?...
R. P.

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