08/08/2010

Chaplin = cinéma

Pourquoi aimons-nous le cinéma ? Chacun d'entre nous pourrait citer des tas de bonnes raisons qui ne sont pas forcément générationnelles.
Il n'est pas nécessaire d'avoir connu Lauren Bacall – ou alors juste l'avoir rencontrée pour solliciter un autographe – pour être ému par son regard dans sa première scène du "Port de l'angoisse", la première qu'elle tourna avec Howard Hawks. Elle devait lancer à Bogart : "Quelqu'un a-t-il du feu ?", mais elle tremblait de trac, au point pour le dissiper de baisser la tête en levant juste les yeux vers la caméra.
De là est né le surnom de "The look" qu'on lui donna et qui fait encore chavirer d'émotion les cinéphiles d'aujourd'hui.
On pourrait en citer d'autres, de Claudia Cardinale, qui était là il y a deux jours avec Delon pour la présentation de la copie restaurée du "Guépard" de Luchino Visconti, à Michele Morgan à propos de laquelle la phrase de Gabin dans "Quai des brumes" est inscrite dans l'inconscient collectif.
Morgan est à Cannes, ou du moins ses peintures le sont dans une galerie de la rue d'Antibes, mais à 90 ans la blonde actrice de "La symphonie pastorale" primé lors du premier Festival de Cannes en 1946, s'est éloignée des mondanités.
Pourquoi j'aime tant le cinéma ? Pour Le timide sourire d'Ingrid Bergman, la main pâle d'Audrey Hepburn dans la "bocca" de "Vacances romaines", pour "Annie Hall" et "La reine (Isabelle) Margot", pour Julie Andrews dans "La mélodie du bonheur", pour tout John Ford, presque tout Hitchcock, "Citizen Kane" et "Les enfants du paradis", pour "Mission" et "La porte du paradis", Fellini, Antonioni et tous les "i" de Cine Citta. Pour Sergio Leone, Scorsese, Coppola. Pour toutes les "nuits américaines" y compris celle de Truffaut.
Pour "Bambi" et "La nuit des morts vivants". Pour Charlot, parce qu'on dit Chaplin comme on dirait le cinéma.
R. P.

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