08/08/2010

Dracula en Italie

C'est un documentaire à charge contre le président du Conseil italien, dans la foulée de son précédent "Viva Zapatero !" en 2005. Entre les deux, il y a eu l'an dernier le drame de L'Aquila, cette ville au patrimoine inestimable dans les Abruzzes, rasée par un tremblement de terre.
Sabina Guzzanti dénonce dans "Draquila l'Italie qui tremble" – contraction de Dracula et L'Aquila – la gestion de l'après-séisme par l'Etat et la toute puissante Protection Civile qui détourne les lois et abuse les contribuables italiens sous prétexte d'urgence, ce que la cinéaste appelle " un Etat parallèle", le "bras armé économique du gouvernement". A la toute fin de son documentaire, la cinéaste italienne filme un homme entre deux âges qui lâche le terme de "dictature". Y aurait-il en Italie une dictature qui ne voudrait pas dire son nom, une dictature sans militaire dans les rues et à la télévision, sans camps, ni barbelés ? Une dictature de l'argent qui contrôlerait l'économie et les moyens d'information. C'est ce à quoi est parvenu peu à peu Silvio Berlusconi. A tout contrôler jusqu'aux lois qui lui sont devenues favorables, qui permettent au premier des Italiens de combiner politique et business. Un homme à l'humour douteux, une honte sur la scène internationale, qui traite de "bronzé " le président Barack Obama, lance à des ouvriers du bâtiment : "Je ne vois pas une seule fille. Vous êtes tous gays. La prochaine fois je vous en amène". C'est pas mieux que "Casse-toi pauv'con !" ou "Fais pas le malin !" d'un autre président au contact de ces Français qui ne sont pas toujours des militants UMP.
Sabina Guzzanti montre aussi des Italiens qui sont prêts à embrasser le "Cavaliere", reconnaissant au président du Conseil sa gestion des secours. Des Italiens qui n'ont de Berlusconi que la vision tronquée qu'en donne la télévision qu'il contrôle aussi, qu'elle soit publique ou privée.
R. P.

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