08/08/2010

Jospin en guest-star

Il est la vedette surprise de la comédie "Le nom des gens" qui a fait jeudi soir l'ouverture de la Semaine de la critique.
Et il y a cette phrase dite avec un sens de l'humour inédit : "Un Jospiniste aujourd'hui, c'est aussi rare qu'un canard mandarin sur l'île de Ré".
Lui, s'appelle Michel Leclerc, un nom un ne peut plus français. Elle, Baya Kasmi, mais cherchez pas du côté du Brésil, c'est algérien.
Leur histoire, celui de leurs patronymes respectifs, est le point de départ d'une comédie qu'ils ont écrite à deux, que Michel Leclerc, a mis en scène, avec un certain brio.
Dans le film, Arthur Martin – comme le type des cuisinières – (Jacques Gamblin), est un ornithologue un peu coincé, spécialiste des risques épidémiques, et adepte du principe de précaution. Ce principe, sa propre famille l'applique depuis que les grands-parents, des Cohen, ont été gazés à Auschwitz. C'est devenu depuis un sujet tabou, dont on ne parle pas. Arthur est d e "jospiniste", une espèce d'oiseau en voie de disparition. Arthur rencontre dans une radio, Bahia Benmahmoud (Sara Forestier, délicieusement impudique), fille d'un ouvrier algérien (Zinedine Soualem) qui s'est fondé avec discrétion dans le paysage hexagonal et d'une Française (Carole Franck), adepte de toutes les bonnes causes (antinucléaire aux mariages blancs). Sa fille en a rajouté une : changer le monde par le cul en couchant avec le maximum de gens de droites. Elle utilise son corps comme arme de destruction massive des fachos et des intégristes. Michel Leclerc nous rappelle que "le nom d'une personne n'est plus forcément révélateur de ce qu'elle est ou censé être", que c'est à chacun de définir sa propre identité tout en ne reniant pas son patronyme, ses racines, l'histoire de sa famille. "Le nom des gens" est une comédie sociale, politique, donc engagée, donc de gauche, et romantique dans laquelle Sara Forestier développe à nu un talent fou.
R. P.

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