08/08/2010

La présidence Burton

Contrairement à Sean Penn qui, il y a deux ans, annonçait qu'il privilégierait les films qui avaient quelque chose à dire du monde, Tim Burton est arrivé sur la Croisette sans "idées préconçues", a souligné, hier, le réalisateur de "Alice au pays des merveilles" lors de la traditionnelle conférence de presse du jury. Un exercice en général un peu ennuyeux pour tous, jurés et journalistes, car que dire d'une compétition qui ne débutera qu'aujourd'hui avec le film "En tournée", du français Mathieu Amalric ? Mais s'il fallait un fil directeur au cinéaste américain, qui a été membre du jury en 1997, sous la présidence d'Isabelle Adjani, ce serait "ouverture et compassion", a dit Tim Burton. "Nous nous attendons à être surpris. Ce qui compte pour nous, cela va être de ressentir les films, voir en quoi ils nous touchent sur le plan émotionnel ou intellectuel". Une présidence presque trop zen, quand on sait que les délibérations finales sont parfois à "couteaux tirés", tant chacun voulant pousser son candidat, faire valoir son point de vue. Et parfois la Palme d'or est un compromis sur un outsider, faute de ne pouvoir récompenser deux favoris que l'on ne peut départager. Mais l'on a compris, hier, que le jury était "un petit groupe" de personnes, qui ne seront "ni frustrés, ni de mauvaise humeur" mais plutôt "sensibles" au cinéma qui se fait dans le monde et verront les films "dans un esprit de générosité". Et s'adressant aux journalistes : "Vous aussi, vous allez nous juger en tant que membres du jury". "Nous allons commencer un voyage ensemble, il faudra faire preuve de générosité et d'ouverture d'esprit", a encore ajouté Tim Burton, presque à l'adresse du jury, composé de trois cinéastes, l'Espagnol Victor Erice, le Français Emmanuel Carrère et l'Indien Shekhar Kapur, deux actrices (Kate Beckinsale et Giovanna Mezzogiorno), l'acteur Benicio del Toro, le compositeur Alexandre Desplat.

R. P.

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