13/04/2011

Tous les soleils

tous les soleils.bmpAlessandro (Stefano Accorsi) est italien et enseigne la musique baroque. Il a un frère,
Crampone (Neri Marcorè), qui ademandé un statut de réfugié politique depuis que Berlusconi
est au pouvoir. C’est un gentil anarchiste qui lance des fléchettes sur la tête du Cavaliere
et peint des natures mortes avec pomme et téléphone portable. Les deux fratelli se disputent beaucoup, puis se réconcilient autour d’une assiette de pâtes préparée par Crampone.
Alessandro a perdu sa femme dans un accident. Leur fille Irina, treize ans, n’avait alors que quelques mois. Sa vie amoureuse s’est arrêtée ce jour-là. Alessandro pense qu’il est heureux ainsi, entre sa fille
qui s’éveille à l’amour, son rebelle de frère, la bande de copains qui se réunit le dimanche dans une bicoque qui tombe en ruines, la musique baroque - celle jouée par Christina Pluhar dans la bande-son est
un élément essentiel de l’histoire -, les lectures qu’il donne dans les hôpitaux, notamment pour Agathe (Anouk Aimée), une malade en fin de vie qui va lui permettre de faire son deuil et de se reconstruire.
“Tous les soleils” n’est pas une comédie débridée à la française, mais plutôt dans le ton italien, mêlant légèreté et gravité.
D’ailleurs, la toute première scène d’Alessandro, sur son vieux Solex slalomant dans les rues strasbourgeoises, renvoie à Nanni Moretti en Vespa dans “Journal intime”. La gravité est dans ces ombres du passé dont Alessandro n’arrive pas à se détacher, l’absence de l’être disparu qu’il a transformée en présence permanente. La légèreté, c’est l’énergie que mettent son frère et sa fille à lui
chercher une copine sur internet, ce qui n’est pas sans quiproquos.
Et puis, il y a l’amour de Philippe Claudel pour les livres : Ismaël Kadaré, Kafka, Sartre qu’Alessandro trimbale dans sonvieux cartable, le portrait de Rimbaud dans la chambre d’Irina qui lit “La princesse
de Clèves”.
“Tous les soleils” est un film qui rend heureux, sans doute parce que Philippe Claudel y décrit de petites choses qui nous sont proches, des personnages qui par certains aspects nous ressemblent, des sentiments
ou des émotions qui nous vont droit au coeur.
R. P.

17:06 Publié dans Critique, Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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