21/05/2011

15 mai : Guédiguian en sentinelle

Quatorze ans après “Marius et Jeannette “qui fut au sein de la sélection Un certain regard, l’une des plus belles surprises du festival 1997, Robert Guédiguian est venu samedi soir présenter dans cette même salle son dix-septième long métrage pour lequel il a été remercié par une salle debout,
applaudissant pendant plusieurs minutes, réception chaleureuse, presque fraternelle, avec dans le public des gens comme José Bové et le réalisateur italien Nanni Moretti.
“Les neiges du Kilimandjaro” qui, comme son nom ne l’indique pas, a été tourné à Marseille, dans le quartier de l’Estaque, « le quartier où je suis né, à précisé le réalisateur en guise de préambule. Au générique, on y retrouve la bande à Guédiguian, son épouse Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Maryline Canto, d’autres comme Grégoire Leprince-Ringuet ou Robin Stévenin. “Les neiges du Kilimandjaro” emprunte son titre à une chanson célèbre de Pascal Danel dans les années soixante. Il emprunte aussi à Victor Hugo son poème sur “Les pauvres gens” et à Jaurès quelques citations bien senties.
Michel et Marie-Claire, un couple de quinquagénaires qui vient de fêter son vingtième anniversaire de mariage, est agressé un soir chez eux par deux hommes masqués et armés. Après les avoir un peu molestés, les agresseurs s’enfuient avec leurs cartes de crédit. Peu de temps après, Michel apprend fortuitement que le coup a été organisé par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec lui. Il le
vit mal. Marie-Claire veut en savoir plus. Elle découvre que Christophe a agi par nécessité. L’argent volé lui a servi à payer le loyer et rembourser deux ou trois dettes. C’est qu’il vit avec deux frères beaucoup plus jeunes qui dépendant entièrement de lui.
Alors que Christophe est jeté en prison pour son forfait, Michel et Marie-Claire décident d’adopter pour un temps ses deux frères. Pour eux, c’est un devoir de solidarité, choix que ne comprennent pas leurs propres enfants. Comme à son habitude, Robert Guédiguian en dit beaucoup sur les choses du quotidien. Il pose aussi cette question : comment celui que j’étais à 20 ans, me jugerait-il aujourd’hui ? Ai-je à la fois vieilli dans ma barbe et dans ma tête ? Où est passée ma faculté d’indignation ? Où est celui qui évoquait l’espoir, la solidarité ? “Les neiges du Kilimandjaro” ajoute un chapitre de plus à la chronique des “petites gens” de Robert Guédiguian.


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