16/05/2012

Tapis rouge pour des stars et des films

Marilyn n’a jamais mis les pieds à Cannes. Elle n’a pas illuminé la Croisette de son regard. Et pourtant, ce soir en montant les célèbres marches du Palais des festivals, les stars du cinéma mondial invitées pour l’ouverture, n’auront d’yeux, pour peu qu’ils les lèvent sur le bâtiment, que pour celle dont le nom est synonyme de sex symbol, même cinquante ans après sa mort terrestre, mais pas sa disparition, toujours aussi présente dans l’édition notamment, j’allais ajouter le glamour, comme si la séduction, la sensualité se réincarnaient d’abord en Marilyn Monroe. La voilà qui s’approprie par l’image un festival où elle eut sans doute brillé.
Passée la soirée d’ouverture, où grands couturiers et bijoutiers de la place Vendôme transformeront le tapis rouge en podium de «fashion week», dès demain, ce tapis rouge sera livré aux cinéastes reconnus ou en passe de l’être, pour dix jours de compétition. Des célébrités comme de tous ceux qui viennent ici tenter d’inscrire durablement leur nom dans l’asphalte de la Croisette.
Une compétition qui démarre ce soir avec «Moonrise Kingdom» du réalisateur américain Wes Anderson pour la première fois en compétition, avec son casting idéal pour une montée des marches: Bill Murray, Edward Norton, Bruce Willis, Tilda Swinton, Frances McDormand (épouse Coen).
Dès demain matin à l’heure du petit-déjeuner (8h 30) pour certains, c’est l’un des films les plus attendus que verront les journalistes: «De rouille et d’os» de Jacques Audiard - Grand prix du jury en 2009 pour «Un prophète» - avec une Marion Cotillard inattendue, dans une histoire d’amour contemporaine.
Autres morceaux de choix ce premier week-end, «Reality» de Matteo Garrone, Palme d’or en 2008 pour «Gomorra»; «Amour» de Michael Haneke avec Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant qui signe son grand retour après s’être peu à peu éloigné des tournages; «Vous n’avez encore rien vu» de nonagénaire Alain Resnais, sans doute son testament cinématographique, encore que...
Ken Loach, un habitué de la compétition, présent en 2010 pour «Looking for Éric» avec le dissipé Cantona, Walter Salles et son adaptation de «Sur la route» de Kerouac, avec Kirsten Dunst (prix d’interprétation l’an dernier pour «Melancholia» de Lars Von Trier), David Cronenberg («Cosmopolis» avec Juliette Binoche et Mathieu Amalric), Léos Carax («Holy motors» avec Eva Mendes) ou Abbas Kiarostami feront également partie de ce voyage.
«Cannes reste le lieu où il faut être quand on s’occupe de cinéma», a dit le délégué général Thierry Frémaux. C’est ainsi qu’entre l’Egyptien Yousry Nasrallah dont le dernier film en compétition «Après la bataille» parle des événements du Caire, et Sandrine Bonnaire réalisatrice de "J’enrage de son absence», l’on pourra voir le troisième épisode du film d’animation «Madagascar». Une parenthèse souriante. Il est vrai que Cannes est le lieu où l’on vient débattre de la planète: Bernard-Henri Lévy pour «Le serment de Tobrouk» documentaire sur la guerre en Libye, ou Sean Penn qui a choisi cette tribune exceptionnelle pour venir parler d’Haïti.
Au soir du 27 mai, le dernier mot reviendra au jury coaché par le cinéaste italien Nanni Moretti, un cinéphile averti qui a déjà prévenu qu’il voulait être «surpris».
Richard Pevny

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