23/05/2012

Cannes, mardi 22 mai

AFF_web.pngL'épine dans le pied
"Le grand soir" de Benoît Delépine et Gustave Kervern est le cinquième film de ces deux fous de cinéma. Vu le nombre de gens cités au générique, il y a de l'hommage au cinoche en général dans l'air. Benoît Perolvoorde et Albert Dupontel sont les enfants déjantés de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem, célèbre duo vocal des années soixante-dix. Le tout se passe dans un centre commercial. On y dénonce la société de conso, mais c'est pas nouveau, la mondialisation, la connerie. C'est "L'an 01" revisité. Ces deux-là sont les dignes héritiers des surréalistes et de Dada. Dommange qu'ils n'aillent pas au bout de leur délire, en faisant tout péter. "We are not dead" écrivent-ils avec des lettres piquées aux grandes enseignes. A la projection du matin, le tandem s'est livré à quelques provocations, comme de menancer le président du jury de "Un certain regard", Tim Roth, la section dans laquelle figurait leur film, s'il ne leur donnait pas le prix.

Carax, le retour !
Hier soir, la présentation en compétition de "Holy motors" a été très applaudie, alors que l'on aurait pu craindre de la part de la presse des manifestations hostiles. Le président du jury Nanni Moretti voulait des chocs, il est servi avec le réalisateur de "Mauvais sang" qui retrouve son acteur fétiche Denis Lavant, celui qui contribua à couler "Les amants du Pont-Neuf". le film n'est pas toujours d'une grande lisibilité, mais par contre fait montre d'une inventivité dans la mise en scène. Comme il est dit dans le film, la beauté nexiste que dans l'oeil de celui qui regarde. On y rend hommage à Jules Marey, le premier créateur d'images animées, à la comédie musicale avec Kylie Minogue, "corps d'elfe", voix magnifique et encore l'adjectif est pauvre. Hommage à Franju, au 7e art en général. Sa présence au palmarès serait une belle surprise.

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