05/08/2012

Pixar s'offre la première princesse de sa jeune histoire

Il fallait s'y attendre, après six années d'immersion chez Disney, Pixar offre au monde de l'animation, quelque peu médusé, sa première princesse. Mais attention, rien à voir avec les blondes énamourées des studios de Burbank, les Belle au Bois dormant, Blanche Neige et autre Cendrillon... qui attendent alanguies leur prince charmant en croquant des pommes rouge. Mérida la nouvelle héroïne Disney-Pixar, est une petite écervelée, un véritable garçon manqué. Son (vrai) père, Mark Andrews a travaillé sur des films tels que « Les Indestructibles » et « Ratatiouille », donc chez Pixar, alors que sa (vraie) mère, Brenda Chapman, est un pilier de la maison Disney, scénariste entre autre de « la Belle et la Bête » et « Le Roi Lion ».
Le thème, c'est celui de la « bravitude » - le titre anglais du film « Brave » renvoie au français courageux - dans l'Ecosse médiévale. C'est l'anniversaire de la princesse Merida, fille du roi Fergus et de la reine Elinor. Son père, est un colosse qui a perdu une jambe en combattant un ours, devenu depuis une bête mythique dont on conte la cruauté dans les beuveries entre clans. Pas question pour Mérida que sa mère la marie à un godelureau d'un autre clan, échangée contre une alliance.Dans la saga familiale, Merida ne compte pas faire tapisserie derrière ses petits frères les triplés jamais à court d'une bêtise. Il y a bien dans l'épaisse forêt des Highlands la masure d'une vieille sorcière - un thème cher à Disney - qui pourrait calmer son entremetteuse de mère. Mais le philtre concocté par la vieille femme, un gâteau qui attise la gourmandise des triplés, ne fonctionne pas comme prévu...
Techniquement, le studio s'est surpassé, créé de nouveaux logiciels pour repousser encore les frontières de l'animation. Dans de superbes paysages d'Ecosse et des sites millénaires, guidée par des miriades de feux follets, la petite Merida cavalcade sur son cher Angus, sa chevelure rousse au vent, au-dessus de torrents impétueux, au son d'une musique plutôt envoûtante.Depuis le semi-échec de « Cars 2 », John Lasseter aux commandes de Disney-Pixar a compris qu'un film d'animation c'est d'abord une bonne histoire, avec sinon une morale, une ligne de vie à la clé. A la fin, Merida rentre (un peu) dans le rang, les prétendants chez eux. Mère et fille ont renoué leurs liens, mis leur fierté respective entre parenthèses. L'orgueil, source de tous leurs maux, est sauf.
Richard Pevny

17:41 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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