14/09/2012

La RKO, première main de l'usine à rêves

What price Hollywood © DR.jpgRKOlogo.jpgVisuel à plat What Price Hollywwod.jpgDe la fin des années vingt au milieu des années cinquante, période considérée comme l'âge d'or des studios, ces derniers au nombre de cinq (MGM, Paramount, 20th Century Fox et Columbia) durent partager le pouvoir, celui de l'imagination, avec la RKO. Cette dernière née en 1928, juste avant la dépression, fut créée entre autre par la RCA (Radio Corporation of America) pour exploiter son propre brevet d'enregistrement et de reproduction sonore le Photophone, et Joseph Kennedy - le papa de JFK - propriétaire d'un studio au cœur même d'Hollywood.
Ainsi, la RKO, avec son sigle autant visuel que sonore, va devenir pour les autres studios qui avaient depuis les débuts du muet pignon sur rue à Hollywood, un véritable concurrent, dans plusieurs domaines, notamment le musical. La RKO lancera le tandem Fred Astaire-Ginger Rogers qui se déploiera aérien dans neuf comédies musicales auxdécors art déco. Le western bénéficiera de l'apport d'un John Ford dans deux de ses chefs-d'œuvre, « Le massacre à Fort Apache » et « La charge héroïque » et son magnifique technicolor, tous deux avec John Wayne, dans les paysages forcément sublimes de Monument Valley que Ford inscrit dans l'épopée westernienne.
Le film fantastique et d'aventure (« La féline » de Jacques Tourneur ou « King Kong »), le film noir, un genre assimilé souvent à la série B qui alimentait les doubles programmes des salles, et dans lequel s'illustreront notamment Robert Mitchum, Robert Ryan complèteront la large palette de la RKO.
Côté comédie, une fois n'est pas coutume, Alfred Hitchcock, avec « M et Mme Smith » apportera sa touche de comédie, tout comme George Cukor, Gregory La Cava ou Howard Hawks. On fera de la sophistiquée Katharine Hepburn, repérée à Broadway, l'équivalent d'une Garbo à la MGM ou d'une Dietrich à la Paramount, avec plus ou moins de bonheur, l'actrice étant cataloguée de « poison du box-office » par les exploitants de cinéma. Ainsi, « L'impossible Monsieur bébé » avec Cary Grant, un bide en salles, deviendra-t-il avec le temps un film culte...
La liste des réalisateurs raconte à elle seule une Histoire du cinéma américain, à commencer par Orson Welles qui réalisera à la RKO deux de ses chefs-d'œuvre, « Citizen Kane » et « La splendeur des Amberson ». Après la guerre, le studio passant de mains en mains, Howard Hughes, ingénieur talentueux et milliardaire excentrique, finira par couler le studio avec ses extravagances et son goût pour les jolies starlettes dont il rêvait de faire des stars.
Il reste de cette aventure un extraordinaire catalogue que les Editions Montparnasse ont entrepris, il y a neuf ans, de rééditer : 130 films ont déjà paru sous jaquette bleu ciel (1). Parmi les derniers, un polar d'Anthony Mann (« Two o'clock courage »), et une comédie dramatique, « What price Hollywood », avec Constance Bennett et Lowell Sherman, inspirée d'une histoire vraie, version avec quatre-vingts ans d'avance de « The Artist » de Michel Hazanavicius. Le film est réalisé par George Cukor qui lui donnera une brillante suite avec « Une étoile est née ».
Un studio atypique, des « films qui ressemblaient énormément à leurs auteurs », selon le réalisateur Bertrand Tavernier, on en trouve pas mal dans la liste de films cités par Francis Dannemark dans son nouveau roman, « La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis », sorte de cercle des cinéphiles inconsolables (2).
Richard Pevny
(1) Editions Montparnasse. 10 euros le DVD.
(2° Editions Robert Laffont.

16:02 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (0)

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