14/09/2012

Steven Spielberg : le temps de la rétrospective

p158 - Schindler's List - copyright Universal Studios.jpgp279 - Spielberg Close Encounters of the Third Kind - copyright Corbis (Sunset Boulevard).jpgC'est l'histoire d'un chanceux. Un homme qui fait depuis plus de quarante ans le métier qu'il aime, le métier qu'adolescent il rêvait de faire : tourner des films. « J'ai eu de la chance d'avoir du succès au box-office et de bénéficier dans une certaine mesure des faveurs de la critique », confie-t-il à son ami et critique de cinéma Richard Schickel. Steven Spielberg qui n'avait pas de notes suffisantes pour intégrer le département cinéma de l'université de Los Angeles, s'est fait tout seul, au culot comme son aîné Orson Welles.
A 18 ans, en vacances à Canoga Park, le jeune Spielberg visite le studio Universal. Et c'est là, alors qu'il a faussé compagnie au groupe de visiteurs, que son destin bascule. Il rencontre le directeur de la Cinémathèque qui devant son enthousiasme lui fait établir un laisser-passer pour trois jours. Trois jours plus tard, il se présente à l'entrée en costard et cravate, son badge au bout des doigts. Scotty, le gardien, le prend pour le fils de Lew Waserman, le grand patron du studio, et le laisse entrer. « Il passa le reste de l'été à arpenter les studios d'Universal », écrit Richard Schickel. Cette anecdote fait depuis toujours partie de la légende du studio.
L'amour du cinéma, Steven Spielberg en avait attrapé le virus en regardant à l'âge de 5 ans "Sous le plus grand chapiteau du monde" de Cecil B DeMille. A 12 ans, avec la caméra paternelle, il tourne "Firelight", semble-t-il son unique navet. Plus tard, il va tourner "Amblin", un road movie en auto-stop de vingt-six minutes que Paramount programmera en première partie de "Love story".
Chuck Silvers, l'homme qui lui avait fourni le fameux laisser-passer, montre "Amblin" au responsable des séries télévisées du studio, et voilà Spielberg nanti d'un contrat de sept ans. Il tournera entre autre quelques épisodes de "Columbo", puis "Duel", l'histoire d'un représentant de commerce poursuivi par la folie meurtrière d'un routier. Sorti en Europe en salles, "Duel" devient très vite un film culte. "Sugarland express" va contribuer à asseoir la réputation de Steven Spielberg. Mais c'est le film suivant, "Les dents de la mer", qu'il tourne à l'âge de 24 ans, qui va le propulser en tête du box-office. Lui-même dit que ce film a été son enfer, notamment du côté de Bruce, le requin mécanique, qui refusait de fonctionner, obligeant le réalisateur à se montrer inventif, à suggérer plus que montrer, la musique de John William, répétitive, obsédante, faisant le reste ; un peu comme la partition de Bernard Herrmann dans le "Psychose" d'Hitchcock. Le succès phénoménal des "Dents de la mer" allait apporter à Steven Spielberg une liberté de travail et de création qu'il n'a jamais perdue.
Richard Schickel analyse l'œuvre du cinéaste film par film, aidé par quelque 400 documents sortis des archives du cinéaste. Une œuvre qui évoque à travers quelques héros sortis de l'enfance, le rêve américain d'un petit garçon déchiré par le divorce de ses parents.
Richard Pevny
"Steven Spielberg, la rétrospective" de Richard Schickel. Editions de La Martinière. 288 p., 400 documents inédits. 35 euros.

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