14/01/2013

Hollywood d’hier et d’aujourd’hui

cet-ouvrage-the-artist-le-livre-mele-aussi-bien-les-mots-que-les-images-photo-dr.jpguniversdal.jpgA l’angle de Vine et Selma Streets dans une ancienne grange, en 1913 Cecil B. DeMille met en boîte le premier long métrage hollywoodien. Bientôt, autour de Sunset Boulevard viennent se greffer un ensemble de studios formant la future mecque du cinéma, dont la plupart sont encore aujourd’hui en activité : la 20th Century Fox, la RKO, la Warner Bros, la Paramount ou United Artists né de l’association de trois stars, Mary Pickford, Charles Chaplin et Douglas Fairbanks Jr. L’année précédente, au nord de Hollywood, Carl Laemmle, propriétaire d’un modeste studio, s’est associé avec six concurrents producteurs-distributeurs, qui comme lui entendent mettre fin au monopole du trust Edison-Biograph tant sur la fabrication que l’exploitation cinématographique. Laemmle devient le premier président de cette cité du cinéma qui prend le nom d’Universal. Un siècle plus tard, parallèlement à une vaste rétrospective des films présentée jusqu’à la fin février à la Cinémathèque française, un livre choral raconte en 101 films la formidable saga de ce studio, l’un des cinq hollywoodiens qui ont compté durant l’âge d’or du cinéma. Cette aventure commence avec Irving Thalberg, l’un des producteurs les plus inventifs, qui n’a que dix-neuf ans lorsqu’il est engagé par Universal. Il n’y reste que trois ans, mais selon Jean-Luc Godard il a été « le seul qui, chaque jour, pensait cinquante-deux films ». En 1923, il quitte Universal pour Louis B. Mayer qui va créer dans moins d’un an la Metro-Goldwyn-Mayer.

De cette époque héroïque date « Broadway », l’histoire des amours contrariés d’un meneur de revue. Bien que réalisé en 1929, c’est d’abord un film muet, le premier dont le budget dépasse le million de dollars. Pour pallier l’absence de son - le film existera dans les deux versions muet et parlant, avec une dernière séquence tournée en technicolor -, la caméra se montre virtuose « jusqu’à concevoir une grue géante capable d’effectuer une rotation de trois cent soixante degrés ». Comment faire oublier la voix alors que depuis « Le chanteur de jazz », elle envahit les écrans, brisant des carrières de stars incapables d’articuler le moindre dialogue. C'est le grand mérite de ce film.

C’est aussi l’histoire de « The Artist », ou comment en 2011, un jeune producteur français, Thomas Langmann, digne fils de son père Claude Berri, se lance dans une aventure dans laquelle personne, dans le petit monde du 7e Art, n’aurait mis un euro. Réalisé majoritairement en noir et blanc, dans quelques lieux mythiques hollywoodiens, par Michel Hazanavicius, « The Artist » éblouit et remporte une belle moissons d’Oscars (film, réalisateur, acteur, musique, costumes, une première pour un film français, pour un acteur français), six César (dont un à Bérénice Bejo), un prix d’interprétation pour Jean Dujardin au Festival de Cannes qui semble être passé à côté de ce film après l’avoir plébiscité en compétition. Un album nous replonge en images et des textes signés par la critique Ariane Allard, dans cette aventure d’un cinéma muet revisité, et ses secrets de fabrication. Un livre pour prolonger la magie d’un film qui a tout d’un chef-d’œuvre. Autant se faire plaisir.

Richard Pevny

« Tha Artist le livre » de Michel Hazanavicius et Ariane Allard. Editions de La Martinière. 208 p, 30 euros.

« Universal Studios, 100 ans de cinéma » sous la direction de J.-F. Rauger. Editions de La Martinière. 280 p, 45 euros.

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