27/03/2013

Almodovar perd de l'altitude

lap___681.jpgGénéralement, on aime bien le bouillant réalisateur madrilène, caustique, sarcastique, exagérément porté sur le sexe, les personnes du même sexe. Pendant trois décennies, l’enfant de la movida espagnole a bousculé les tabous dans une Espagne longtemps marquée des stigmates du franquisme. Mais l’Espagne a changé, les anciens phalangistes sont morts ou retirés, le pays a même adopté, et cela bien avant la France, le mariage pour tous. Almodovar ne choque donc plus. Hormis quelques scandales politico-financiers, un genre qui n'est qui pas propre à l’Espagne, il n’y a plus rien de croustillant à dénoncer, si ce n'est la corrida dernier bastion culturel des nostalgiques de l'ancien régime. Mais Pedro Almodovar peut encore faire rire, il y parvient parfois dans un huis-clos aérien, qui tourne un peu en rond et nous spectateurs, tels des passagers pris en otage, regardons notre montre en nous demandant quand allons-nous atterrir. “Les amants passagers” en paraît du coup plus long que ses 90 minutes initiales.
Tout commence sur la piste d'envol au moment où l’on prépare l’appareil pour le vol 2549 de la compagnie Peninsula. À cause d’un regard un peu trop coquin de Leon (Antonio Banderas) à Jessica (Pénélope Cruz), se joue le sort futur des passagers. Privé de train d’atterrissage, l’avion ne rejoindra pas Mexico, mais un aéroport de fortune dans la Mancha, un aéroport flambant neuf qui ne recevra jamais personne et dont l’initiateur, en classe affaires, fuit la justice de son pays.
Il y a là quelques spécimens de notre société encadrés par une belle brochette de folles (tant au sens propre que figuré). Le réalisateur se montre plus inventif dans les parties de jambes en l’air que les discours sociologiques. On ne peut pourtant réduire son film à une scène de karaoké (chorégraphiée par Bianca Li), même si elle se révèle la seule chose à vendre de ce film. Les faiseurs de bons mots diront que “Les amants passagers” c’est "Y a-t-il un pilote dans l’avion ?"... Pour notre part, on souhaitera juste que Pedro reprenne un peu de hauteur.
Richard Pevny

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21/03/2013

Une religieuse pleine de grâce

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C’est une histoire on ne peut plus actuelle. Sous des dehors très XVIIIe siècle, « La religieuse » nous parle de combat pour la liberté, de révolte face à l’abus d’autorité, de lutte contre l’arbitraire, l’injustice… Dans la France de l’anticlérical Diderot, l’oppresseur c’est l’Eglise. D’où bien entendu la mauvaise réputation faite au livre, puis au film du de Jacques Rivette, en 1966, considéré comme scandaleux par une partie de la hiérarchie catholique (voir ci-dessous).

L’histoire est celle d’une jeune fille, cadette d’une fratrie de trois sœurs. Ses parents l'ont placée au couvent pour un temps, puis la contraignent à prendre le voile pour des raisons économiques. "Ma naissance est la seule faute que j'aie commise", confesse-t-elle. En effet, après le mariage de ses deux sœurs aînées, Suzanne se trouve réduite au célibat ou à la prière. Ce n’était guère inhabituel sous l’Ancien Régime. Les couvents étaient remplis de jeunes filles sans argent et sans vocation. En refusant de jouer le jeu en quelque sorte, et de dire amen, Suzanne est mise à l’index, d’autant qu’elle a réussi à faire introduire par un avocat un recours en annulation de ses vœux. Dès lors, sa mère supérieure (Louise Bourgoin) particulièrement sadique, multiplie contre elle vexations, humiliations, châtiments et même tortures. Transférée en piteux état avec l’aide de son avocat dans un autre couvent moins rigoriste, elle doit subir les avances de sa nouvelle mère supérieure (Isabelle Huppert épatante en nonne extatique).
Contrairement à son prédécesseur Jacques Rivette qui acculait Suzanne au suicide, Guillaume Nicloux ne fait pas de de la jeune fille une victime expiatoire des abus de l’Eglise. A la fin de son douloureux chemin de croix, Suzanne revient dans le monde goûter à sa liberté chèrement acquise.

Il faut dire un mot de l’ambiance du film, en couleurs désaturées, éclairages et visages sans maquillage, rendant le film encore plus lumineux qu'il n'est. Cette épure rappelle le très beau « Thérèse » d’Alain Cavalier. Au visage radieux de Catherine Mouchet, tout à son fiancé Jésus, répond celui de Pauline Etienne, insoumise et non moins marqué par la grâce.

Richard Pevny

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Objets de censures

Ave+maria-26408.jpgIl y a presqu’un demi-siècle, l’adaptation au cinéma de « La religieuse » de Jacques Diderot par le réalisateur Jacques Rivette – c’était son deuxième long métrage -, membre de la bande des Cahiers du Cinéma, fit grand bruit. Dès la pré-production du film, l’Office catholique français du cinéma décidé à faire interdire le film quel qu’en soit son contenu, organisa la bataille contre lui à coups de lettres et de pétitions. On dit qu’Yvonne de Gaulle, épouse du président de la République, ne reçut pas moins de 120 000 lettres de religieuses outrées. Les pouvoirs publics furent alertés et donnèrent des assurances dans le sens d’une interdiction. Aussi en mars 1966, « Suzanne Simonin, la religieuse de Diderot » était frappé d’interdit par le Secrétaire d’Etat à l’Information du fait que le film risquait de heurter les consciences d’une partie de la population. Une formule pérenne…
Jean-Luc Godard le premier apostropha dans une lettre André Malraux « ministre de la Kultur », qui se faisait une toute autre idée de la liberté (voir l’épisode anticolonial de son aventure indochinoise) autorisa donc le film à être projeté en ouverture du Festival de Cannes. Après une longue bataille juridique, le film de Rivette reçut son visa de sortie l’été 1967. Reste que l’interdiction proprement dite ne fut annulée qu’en… 1975.
Un autre film fut au cœur d’une polémique à caractère religieux, « La dernière tentation du Christ » de Martin Scorsese adapté de l’œuvre de Nikos Kazantzakis qui prônait un Jésus un peu trop humain en ménage avec Marie-Madeleine. L’automne 1988 - François Mitterrand venait d’être élu pour un deuxième mandat -, les catholiques traditionnalistes organisèrent des manifestations devant les cinémas qui affichaient ce long métrage. Il y en eut devant le cinéma Castillet à Perpignan, saintes bannières au vent de la tramontane. Boulevard Saint-Michel à Paris un cinéma fut incendié, on releva un mort et plusieurs blessés.
Histoire d’éviter la censure, on peut, soit aller dans le sens de la pensée dominante, c’est « La passion du Christ » de Mel Gibson, soit éviter tout sujet à caractère religieux, c’est l’autocensure… Parfois un bon scandale peut aider un film à trouver son public, le cas de « Ave Maria » de Jacques Richard, en 1984, dont seule l’affiche, sur laquelle on voyait la jeune Isabelle Pasco crucifiée les seins à l’air, fut interdite et devint un collector.

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20/03/2013

Sous le figuier

figuier trois.jpgCe pourrait être l’une de ces fables que l’on raconte dans les livres d’enfants, sauf qu’ici les destinataires en sont les adultes, quel que soit leur âge respectif. Dans « Sous le figuier », la réalisatrice Anne-Marie Etienne évoque ce fléau de nos sociétés industrialisées, la flexibilité de l’emploi, qui laisse sur le bas-côté de la vie active, ceux qui d’actifs n’en sont plus. Nous avons d’un côté, une très vieille dame, Selma (l’épatante Gisèle Casadesus, 99 ans cette année), vieille mais pas décrépie, Selma ne se laisse pas aller, malgré la solitude qui est la sienne. La vieille dame tout à fait digne lit les cartes du tarot pour des clients en recherche d’espérance. Une sorte de placebo dont est devenue accro Joëlle qui, entre ses associations, les maisons de retraite qu’elle visite et une vie sentimentale compliquée, n’a guère de temps pour sa fille. Nathalie (la lumineuse Anne Consigny), chef de cuisine étoilée, n’a vu des années durant sa propre fille qu’en pyjama le matin, confie-t-elle à son vieil ami Christophe. Nathalie connaît Selma depuis des années au point qu’elle est devenue l’unique famille de la vieille dame. Et quand cette dernière flanche, qu’un diagnostic laisse peu de place à une rémission, Nathalie propose à Selma de passer un dernier été dans une maison à la campagne, au milieu des vignes et sous un grand figuier. Un dernier été lumineux, joyeux, entouré de rires d’enfants, les trois fillettes de Christophe qui est comme un frère pour Nathalie. Christophe, qui élève seul ses filles, est au bord de la rupture. Il a besoin de se poser un moment. Tous sont là pour aider Selma à partir, alors qu’ils s'accrochent à elle comme à une bouée, sont en attente de réponses pour affronter un avenir qui leur paraît incertain.
On pourrait être dans un film de Jean Becker, celui de « La tête en friche » avec Gisèle Casadesus soutenant un Gérard Depardieu à la dérive, tant tout cela est réalisé avec simplicité, par petites touches émotionnelles. Anne-Marie Etienne réalise le film que l’on voulait voir, ce genre de film qui rend heureux tout en activant nos fonctions lacrymales; c’est toujours réconfortant pour chacun d’entre nous de ne rencontrer à la sortie que les mêmes regards embués ; on ne se sent pas isolés. A l’image des conseils de Selma, si « Sous le figuier » n’apporte rien de nouveau d’un point de vue stylistique, il ne fait pas de mal pour autant. Il nous apprend entre autre à regarder le temps passer. L’épilogue pourrait être apporté par Gisèle Casadesus, 80 ans de cinéma (elle a débuté avec Marcel Lherbier en 1934), 30 ans de Comédie Française, qui déclare dans le dossier de presse du film : « Ça passe très vite une vie ! »
Richard Pevny

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13/03/2013

L'artiste et son modèle

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J’imagine que cela devait être l’un des passe-temps des gamins de Banyuls durant l’occupation : aller reluquer la fille qui posait à la Métairie, l’atelier de Maillol dans la vallée de la Roume. Le maître dessinait et sculptait des femmes nues, cela devait être un sujet de conversation parmi les mères de famille. Mais les artistes ont semble-t-il comme les docteurs ce droit de voir les femmes nues. Dans « L’artiste et son modèle » de l’Espagnol Fernando Trueba, nous voyons ces gamins qui se sont approchés de l’atelier avec des ruses de sioux, s’éparpiller dans la campagne, quand le vieil artiste -interprété par Jean Rochefort - sort le fusil, histoire de les effrayer, sans méchanceté aucune, riant même de ce tour qu’il leur fait. L’artiste ne porte par le nom d’Aristide Maillol et son modèle celui de Dina Vierny, reste que le scénariste Jean-Claude Carrière a collé au plus près à ces deux êtres pour composer ce moment de leur vie durant l’année 1943.
Mercé (Aida Folch), qui s’est échappée d’un camp de réfugiés d’Argelès-sur-Mer, est repérée sur le marché – le film a été tourné à Céret – par la propre femme (Claudia Cardinale) de l’artiste Marc Cros, en panne d’inspiration. Peut-être se dit celle qui fut jadis le premier modèle du sculpteur, cette jeune beauté toute méditerranéenne, redonnera-t-elle au vieil homme le goût de la création. Ce dernier retrouve le chemin de son atelier, au milieu des vignes et des oliviers. Comme tout atelier qui se respecte, celui-ci est un vrai capharnaüm, la bâtisse elle-même tient plus de la remise que de l’atelier du sculpteur. Aux murs, des dessins, des esquisses, des études. Des nues, partout. Un faux désordre car l’artiste y sait chaque chose à sa vraie place. Autour du modèle, des nues figées sur la chaux qui partout s’effrite, et elle bien vivante, épaules, seins, cuisses, bras, jambes vibrants de vie, prête à être immortalisée dans une éternelle jeunesse. Et nous avons de part et d’autre d’une cloison séparant la vaste pièce, un vieil homme proche de sa fin et une jeune fille au début de sa vie.
Bien sûr, on pense à « La belle noiseuse » de Jacques Rivette, et à Emmanuelle Béart qui n’a jamais été aussi bien sculptée par une caméra, on pense au « Renoir » de Gilles Bourdos qui évoque la rencontre du vieux peintre avec son dernier modèle l’année 1915. La beauté de cette dernière réveille les dernières forces du peintre aux mains en partie paralysées. Chaque matin, Renoir se fait porter à travers les oliviers vers son atelier pour transfigurer sur la toile ce miracle de la nature qu’il sait éphémère et qu’il a le pouvoir de faire durer.
Enfermé dans son art, Marc Cros voudrait oublier l’Occupation, les arrestations, les déportations, lui n’est qu’un artiste seul avec son inspiration loin du tumulte de l’Histoire, comme un Michel-Ange perché à vingt mètres de haut sous le plafond de la Sixtine. L’atelier n’est pas une construction du cerveau de l’artiste, il est bien situé dans le monde, des Allemands y passent, un historien de l’art en uniforme de la Wehrmacht, vient le visiter avant de partir pour le front de l’Est, alors que Mercé en fait une planque pour un parachutiste avant de lui faire passer la frontière. Le jour, elle est modèle, la nuit, elle court d’anciens chemins de contrebandiers. La vraie vie finit toujours par vous rattraper, même dans le coin le plus isolé. Quand le danger menace, Mercé s’en va, laissant l’artiste et l’œuvre qu’il a façonnée dans le plâtre, espérer encore de la race humaine.
Tourné dans un beau noir et blanc, baigné par des nuances du gris au crayeux, « L’artiste et son modèle » est un modèle d’hommage à la création. Le réalisateur de « Belle époque » - qui a révélé Penelope Cruz en 1992 – a mis des années à mûrir son sujet, on ne l’en blâmera pas. L’octogénaire Jean Rochefort trouve dans ce personnage l’un de ses plus beaux rôles, une sortie avec panache du monde du cinéma, si tant est qu’il persiste à ne pas vouloir tourner désormais le film de trop.
Richard Pevny

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06/03/2013

Agnès Jaoui et J.-P. Bacri règlent leur conte

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Ils sont étonnants ! Leur cuisine est variée, leur goût renouvelé, on croit les connaître, on les découvre à chacun de leurs films. Tenez, « Cuisines et dépendances » leur premier succès, « Un air de famille » écrit pour Cédric Klapisch, « On connaît la chanson » pour Alain Resnais, « Smoking no smoking » pour le même, le seul dans lequel ils ne jouent pas, « Le goût des autres », sans nul doute le plus abouti, et « Parlez-moi de la pluie », Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri se révèlent de sacrés conteurs. Bonne transition, puisque leur dernier opus explore justement le domaine du conte, de « Peau d’âne » à « Cendrillon » qui seraient revisités par un Woody Allen. Et s’il y est question à un moment donné de chaussure perdue - la fameuse pantoufle de verre - dans les escaliers d’une boîte de nuit, la Cendrillon de « Au bout du conte », s’appelle Sandro, histoire de ne pas faire comme chez Disney. Encore un cliché détourné. Il y en a d’autres. On ne va pas tout raconter, d’abord parce qu’entre en scène une foultitude de personnages - cela s'appelle un film choral - , mais histoire de rester dans le schéma du genre, disons que tout tourne autour d’une jolie et énigmatique princesse, Laura (Agathe Bonitzer la belle « Belle personne » de Christophe Honoré), et d’un prince plutôt charmant et musicien (Arthur Dupont), timide et réservé à en bégayer. Entre eux c’est le coup de foudre, une rencontre amoureuse qui va être contrariée par un séduisant méchant loup (Benjamin Biolay). Parallèlement à ce trio-là, nous voyons se développer le vrai sujet du film, le couple : Pierre (Jean-Pierre Bacri), père de Sandro, et propriétaire de l’auto-école Leconte, en forme un avec sa nouvelle compagne mère de deux petites filles qu’il a momentanément accueillies dans sa tanière, car il a de ce plantigrade le grognement de celui qui n’aime pas être sollicité. Bacri, c’est un peu le bougon de la bande, un désenchanté permanent, ou l’un de ces personnages en bute contre les préjugés, comme dans « Le goût des autres ».
« Au bout du conte »
débute au cimetière où Pierre vient d’enterrer son père. Le chagrin ne le touche guère. Il y avait bien longtemps que Pierre n’avait plus aucune relation avec son paternel. Ses sentiments, le grand-père les réservaient à son petit-fils, Sandro. Pierre est hanté par une date, celle de sa mort prédite il y a longtemps par une voyante. Lui, le rationaliste, qui ne croit ni au ciel, ni au diable, se moque de la crédulité ambiante et des superstitions, est perturbé par l’approche imminente de ce 14 mars. C’est justement la date choisie par sa compagne pour déménager avec ses deux fillettes dans leur nouvel appartement. Un signe…
Lors d’une soirée où se rencontrent les parents et amis des deux jeunes tourtereaux, Pierre fait la connaissance de Marianne, la marraine de Laura, et mère d’une petite fille en pleine crise religieuse. Marianne est une comédienne intermittente qui vit d’enregistrements de pubs et de contes de fée. Pierre s’aperçoit que la mésentente entre lui et son père, comme une sorte de malédiction, s’installe peu à peu entre lui et son fils. Pourquoi son fils ne vient-il le voir que pour lui soutirer de l’argent ? « Que pourrais-je te demander d’autre ?», lui répond, sans méchanceté, Sandro, mais soulignant de fait le degré zéro de leurs relation.
Avec des mots bien ciselés, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri décrivent mettent en scène les maux qui tuent les couples. De leurs dialogues percutants née une comédie brillante, un credo en l’amour éternel, aux contes qui ne font de mal à personne. La fin est peut-être un peu convenue, mais comme il est dit à la dernière page du conte : « Ils vécurent heureux et … ».
Richard Pevny

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