24/04/2013

La cage dorée

20503333_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgJosé et Maria occupent l’espace exigu de la loge de concierge d’un immeuble de rapport à Paris. Cela fait trente ans qu’ils ont quitté leur Portugal. Ils ont deux enfants, deux grands adolescents qui étudient dans la capitale et ne connaissent pratiquement rien du pays natal de leurs parents. Maria et José sont deux bonnes pâtes comme on en fait peu, au point de s’être rendus indispensables auprès d’un certain nombre de gens, elle (Rita Blanco) vis-à-vis des copropriétaires de l’immeuble qu’elle gère sous la férule de Mme Reichert (Nicole Croisille épatante), lui (Joaquim de Almeida) en tant que chef de chantier de l’entreprise de BTP de Francis Caillaux (Roland Giraud). « Trop bons, trop cons », dit souvent la sœur de Maria qui pourtant n’a pas été mise dans le secret. En effet, une lettre arrivée de Porto leur a appris le décès du frère de José qui, après l’avoir spolié de leur héritage, lui lègue ses vignes à la condition qu’il vienne les gérer sur place. Après avoir tant rêvé d’un retour au Portugal, voilà Maria et José qui doutent, culpabilisent même : que va-t-on faire sans eux ? Malgré eux, leur secret est éventé, et dès lors tout est fait pour les retenir, même d’encourager l’idylle entre la fille Ribeiro et le fils Caillaux…
C’est une gentille comédie, au scénario un peu convenu qui ne déroge pas aux canons de la comédie à la française, premier long métrage du franco-portugais Ruben Alves, acteur dans plusieurs séries (« Empreintes criminelles », « Maison close », « Clara Sheller »…). « La cage dorée » entend surfer sur la vague du succès des « Femmes du 6e étage » qui racontait le quotidien des bonnes espagnoles à Paris, manque la profondeur du scénario de Philippe Le Guay, le grain de folie d’un Fabrice Luchini que n’atteint pas Chantal Lauby. Quand Solange Caillaux confond le général Salazar, l’ancien dictateur portugais, avec le général Alcazar, son fils est obligé de préciser que ce dernier est un personnage de Tintin au cas où l’on n’aurait pas saisi ( !). Reste que « La cage dorée », qui concourrait au dernier Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, est reparti avec le Prix du public, un bon signe pour la carrière de ce film en salles.
Richard Pevny

15:47 Publié dans Critique, Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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