17/10/2013

Gabrielle

21021280_20130719152807063_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgGabrielle est une jeune femme de vingt-deux ans vivant à Montréal. Comme dans la chanson de Robert Charlebois, Gabrielle voudrait être une personne bien ordinaire, indépendante, libre de ses choix et de ses émotions, un peu comme sa sœur qui a son propre appartement, un amoureux et des projets de voyage. Gabrielle est atteinte du syndrome de Williams, une déficience intellectuelle. Gabrielle vint donc en foyer avec d’autres personnes, comme elle, différentes du commun des gens ordinaires. Ces personnes sont réunies au sein d’une chorale qui prépare un spectacle avec la star de la chanson québécoise. Au sein de cet ensemble, Gabrielle a un petit copain, Martin. Tous deux travaillent à l’extérieur, lui dans une animalerie, elle comme agent d’entretien dans un bureau. Contrairement à Gabrielle, Marc vit chez sa mère.
La jeune réalisatrice québécoise Louise Archambault nous plonge dans le monde des handicapés, un lieu toujours un peu dérangeant, facilement caricatural, surtout lorsqu’on confronte gens normaux et différents. Mais tous humains. Le cinéaste belge Jaco Van Dormel avait réussi ce pari, en 1996, en associant dans « Le huitième jour » l’acteur Daniel Auteuil a un nom professionnel, Pascal Duquenne, de surcroit mongolien. On se souvient de l’échange verbal entre Pascal Duquenne et Auteuil : « Mongol !! Ah, non, c’est toi le mongol ! Moi, mongol… ah, ah, ah !!!! ». Différents, certes Gabrielle et Martin, mais pas privés d’émotions et de désirs, d’amour et de sexe. La réalisatrice fait de cette quête du désir quelque chose d’émouvant. S’il n’y avait les autres adultes, notamment la mère de Martin qui souhaiterait que ce territoire soit défendu à son fils. Ce qui n’empêchera pas Gabrielle et Martin de trouver le moyen d’explorer ce désir, à l’abri des regards sur leur petit nuage, passagers clandestins de la chanson «Lindberg ».
Ce moment de grâce est souligné par une mise en scène toute en délicatesse. Et confronte Gabrielle Marion-Rivard, une non professionnelle atteinte du syndrome de Williams, à un acteur en devenir, Alexandre Landry. Le film a remporté le prix du Public lors du dernier festival de Locarno. C’est un bon signe.
Richard Pevny

09:54 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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