13/11/2013

La Vénus à la fourrure

20541849_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgParis sous la pluie. Un théâtre à la façade décatie - le théâtre Récamier fermé depuis 1978 et dont on a reconstitué l'intérieur pour les besoins du film. Thomas (Mathieu Amalric) qui prépare l'adaptation scénique d'un roman écrit en 1870 par l'Autrichien Leopold Von Sacher-Masoch, "La Vénus à la fourrure", à propos duquel est depuis rattaché le terme de masochisme, s'apprête à quitter le théâtre quelque peu dépité après une journée d'auditions décevantes. Entre, une jeune femme, trainant un encombrant sac, qui semble être en retard pour son audition dont Thomas ne trouve aucune trace dans son planning. Thomas n'est pas disposé à l'auditionner, on l'attend pour dîner. Elle insiste, dit qu'il est son dernier atout avant de tout plaquer pour un autre job quelque part en province. La pièce, elle l'a vaguement parcourue, dit-elle d'un air presque détaché. Thomas finit par accepter, quelque peu intrigué. Dès les premiers mots, il s'avère que Vanda -elle a le même prénom que l'héroïne de la pièce - maîtrise parfaitement le texte, son rôle et celui de son partenaire qu'elle a engagé Thomas à endosser histoire de lui donner la réplique. "Je suis devenu votre esclave dès que vous êtes entrée dans cette pièce", le thème de la pièce est contenu dans cette phrase, et trouve un écho dans le jeu de ping-pong verbal que se livrent Vanda et Thomas. Pour elle, tout n'est que perversion, s'insurge contre le sexisme de la pièce, alors que lui revendique la passion. Une passion qui finit par l'aveugler et à laquelle il se menotte.
Un huis clos théâtral que Roman Polanski filme avec une sobriété exemplaire, des effets réduits au minimum, pour rendre encore plus éclatante la beauté enivrante de Vanda - Emmanuelle Seigner, son épouse et l'actrice de quatre de ses films - et la fascination qu'elle exerce sur Thomas, peu à peu enchaîné à son machiavélique plan.
Richard Pevny21006010_20130515123857787_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

07:00 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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