28/11/2013

Avant l’hiver

21041478_20130918170927188_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgPaul (Daniel Auteuil) est neurochirurgien. Quand il n’opère pas à l’hôpital ou ne consulte pas dans son cabinet privé, Paul mène une vie somme toute bourgeoise avec Lucie (Kristin Scott Thomas) dans une vaste maison aux lignes épurées, entourée de vastes baies vitrées, au cœur d’un terrain boisé. « Ton cercueil de verre » lui dit sa sœur prisonnière de sa propre prison. Le terrain de tennis familial reçoit le samedi l’ami d’enfance et psychiatre Gérard (Richard Berry), pour des parties que remporte toujours Paul. Lucie soupçonne Gérard de laisser gagner son mari. Quand Paul est en ville, Lucie s’occupe de son vaste jardin, à la manière anglaise en organisant une fois l’an des visites pour des passionnées de la chose horticole. Un matin, au comptoir d’un café, Paul croise Lou (Leila Bekhti), une serveuse qui reconnaît en lui le chirurgien qui l’a opérée de l’appendicite. Il s’en souvient d’autant moins, qu’il n’opère pas cette affection. Dès lors, arrivent anonymement des bouquets de roses rouges, d’abord à l’hôpital, puis au cabinet, enfin à son domicile privé. Paul ne se montre pas inquiet , puis fait le rapprochement avec la jeune femme qu’il croise un peu trop souvent sur sa route. Passé le petit moment de colère, Lou intrigue Paul qui rencontre régulièrement la jeune femme pour… parler. Il fait d’elle son confident. « La vie m’a roulé comme un cailloux, je me suis laissé faire », lui dit-il. Voilà que tout ce que Paul a construit, s’écroule comme un château de cartes. Et Philippe Claude, le réalisateur de ce drame, de nous dire : et si demain, tout ce dont vous avez toujours rêvé et que vous n’avez jamais pu réaliser, se présentait à vous… Drame, parce que dès le premier plan, nous savons cette histoire vouée à l’échec, avec même une petite touche de thriller pour en pimenter les effets.
« Avant l’hiver » est un film à l’écriture fine, aux dialogues bien construits et à l’interprétation juste. Daniel Auteuil, bien sûr, que l’on apprécie dans ce registre-là, sans doute parce qu’il a construit une carrière (Berry, Sautet, Téchiné, Haneke, Nicole Garcia) qui le fait entrer aujourd’hui dans le panthéon des grands acteurs français qui ont su négocier avec talent le cap de la soixantaine. L’acteur se double aujourd’hui d’un réalisateur sensible et doué pour la direction d ‘acteurs. Sa partenaire, Kristin Scott Thomas, formait avec Elsa Zilberstein le tandem de « Il y a longtemps que je t’aime » le premier long métrage de Philippe Claudel. Quant à Leïla Bekhti, révélée par la comédie « Tout ce qui brille », elle montre ici que ce film n’était pas juste un feu de paille.
Philippe Claudel sait merveilleusement cultiver la mélancolie de ses personnages pour une vie qui a été (« Tous les soleils ») ou qui aurait pu être (« Avant l’hiver »). Ses films sont portés par leurs titres.
Richard Pevny

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10:17 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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