28/03/2014

« Aimer, boire et chanter » : vous n’avez encore rien vu !

125893_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgPour ce qui devait être son ultime opus – mais cela faisait quelque temps que l’on s’inquiétait de la santé chancelante d’Alain Resnais, ce nonagénaire qui paraissait à peine tenir sur ses jambes et qui a chacune de nos rencontres faisait montre d’une éternelle jeunesse -, le doyen des réalisateurs français a choisi une pièce de théâtre du britannique Alan Ayckbourn, qui lui avait inspiré « Smoking/No smoking » et « Cœurs », l’a quelque peu transformée pour en faire cette fantaisie bercée par le titre d’une valse viennoise : « Aimer, boire et chanter ». C’est une fantaisie, traversée par l’idée de disparition, autour de trois femmes et d’un homme, George Riley, condamné par un cancer en phase terminale. Avec leurs maris, elles sont en pleine répétitions d’une pièce de théâtre. L’un d’eux, Colin, un médecin (Hippolyte Girardot) a confié à son épouse Kathryn (Sabine Azéma), qui a été le premier amour de George, la nature du mal de George et cette dernière est allée le répéter à ses propres amies, Tamara (Caroline Silhol) l’épouse du meilleur ami Jack (Michel Vuillermoz) de George et Monica (Sandrine Kiberlain) qui a quitté George pour Siméon (André Dussollier), un fermier. Un désistement dans la troupe de théâtre amateur permet à George d’intégrer le groupe. Jack est quelque peu jaloux des scènes d’amour un peu trop appuyées entre Tamara, son épouse, et George ; cela ne l’empêche pas de tromper cette dernière avec une autre. Monica passe beaucoup de temps chez George histoire de ne pas le laisser seul, cela a le don d’exaspérer Siméon. Quant à Kathryn, elle s’est mise en tête, à l’issue des dernières représentations, d’aller passer des vacances à Ténériffe avec George, ses dernières vacances. Colin qui ne s’est jamais fait aussi pressent – « Comme on dit dans les westerns, ça fait longtemps que la caravane ne passe plus ici » confie Kathryn à son amie Tamara - tente de la retenir. Elle ne sait pas que George a fait la même proposition aux deux autres femmes, histoire sans doute de connaître leur degré d’attachement proportionnel. Elles ne savent pas qu’une autre femme, plus jeune, plus fraîche, a entrepris de séduire l’objet de leurs désirs.
Tourné à la fois dans des décors naturels, la campagne bucolique du Yorkshire, et des décors de théâtre, « Aimer, boire et chanter » est un film pétillant dans lequel un jeune homme de 91 ans, exalter « la vivacité de la jeunesse », de l’éternelle jeunesse, celle du cœur et de la pensée. Un film qui réinvente à coups de plans-séquences et d’intertitres inspiré par les films muets, le cinéma. Né à l’époque du muet, venu au long métrage en pleine Nouvelle vague, Alain Resnais n’a cessé de réécrire le cinéma, de lui trouver de nouvelles formes d’expression.
Richard Pevny
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09:30 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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