27/05/2014

« Les drôles de poissons-chats »

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Claudia a 22 ans. Elle est démonstratrice dans un supermarché et vit seule. Claudia ne respire pas vraiment la joie de vivre. Sa chambre, où elle est filmée, cadre serré, au petit matin, émergeant du sommeil, ne montre rien de personnel, d’intime. Claudia est hospitalisée pour une appendicite. Dans le box voisin du sien, elle découvre Martha, le double de son âge, et ses enfants pas vraiment discrets. Martha est l’antithèse de Claudia, elles portée par un optimisme à toute épreuve. Martha est porteuse du sida, un cadeau d’adieu de son dernier compagnon. Martha est mère de quatre enfants, trois filles et un garçon. Martha invite Claudia à venir s’installer chez eux. La maison de Martha est marquée par la personnalité de chacun des enfants, pour le reste c’est un foutoir, sans véritable organisation, mais Martha et ses enfants forment une famille où Claudia finit par trouver sa place, par devenir même la confidente des uns et des autres. Et l’on se dit que si la maladie de Martha l‘emportait, Claudia pourrait la remplacer comme pivot de cette famille pas si atypique que cela finalement. « Pourquoi tu restes avec nous ? Ça te rend heureuse ? » questionne Wendy. Si la famille de Martha n’est peut-être pas la famille idéalisée par Claudia dans ses rêves de petite fille, cela en est tout de même une. Ce dont nous parle la réalisatrice, c’est de passage de témoin de Martha à Claudia. « Merci d’être arrivée dans nos vies », dit Martha qui n’a plus qu’un souffle de vie et embarque sa tribu dans une coccinelle bourrée jusqu’au toit pour la côté. L’image de l’affiche nous fait penser à celle de « Little Miss Sunshine » autre histoire d’enfance et de famille.
« Les drôles de poissons-chats », un titre qui se révèle petit à petit, est le premier long métrage de Claudia Sainte-Lucie qui a construit son scénario autour d’une histoire qu’elle a vécu en partie à Guadalajara au Mexique. D’ailleurs réalité et fiction se croisent au générique où Wendy Guillén interprète son propre personnage de fille de Martha.
R.P.

21:09 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)