26/11/2014

Tiens-toi droite

161853_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLe deuxième long métrage de la réalisatrice Katia Lewkowicz réunit un trio de femmes qui ne semblent avoir rien en commun sinon leur foi, leur hargne, leur volonté à s'affirmer, à trouver leur place dans la vie et la société. Il y a là, Lili (Laura Smet), née dans le nord, longtemps son rêve a été de descendre à la mine comme son père à qui elle voue une adoration sans faille. Elle a été "exilée" en Nouvelle-Calédonie où elle s'y est faite élire Miss; elle concourt pour le titre de Miss Francophone. Sam (Noémie Lvovsky) n'a pas la beauté naturelle et presque éthérée de Lili. Sam est une mère de famille presque nombreuse, elle a trois filles et se retrouve enceinte de... jumelles. Sam est partout à la fois, elle s'est mise en tête de travailler de nuit dans une usine. Louise (Marina Foïs) est la patronne d'une petite entreprise familiale, un pressing dont la gestion laisse à désirer. Louise est approchée, via son amant, par un fabricant de poupées qui en fait son executive le temps de trouver un nouveau modèle. Louise engage l'imprévisible Lili pour être le modèle vivant de la future "barbie" et monte un panel d'enfants chargés de donner des conseils aux concepteurs de ladite poupée. Parmi eux, l'une des fillettes de Sam qui filme des images qu'elle met en ligne sur son blog, quitte à provoquer quelques émois.
"Tiens-toi droite", c'est ce que les adultes disent aux enfants, c'est ce que la réalisatrice de ce film très choral a envie de dire aux femmes, allez au bout de vos rêves, sans faillir, sans fléchir, sans courber l'échine. Le film existe surtout pour son trio d'actrices et de nombreux seconds rôles épatants.186981_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

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05/11/2014

« Une nouvelle amie » : les habits neufs de Romain Duris

508239_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLaure et Claire étaient amies depuis leur enfance, depuis cet âge que l’on dit de raison, qui forge les amitiés durables. Elles avaient signé de leur sang ce pacte d’amitié, mêlé leurs initiales dans l’écorce d’un vieil arbre. De vraies amies de cœur.Quand Laure (Isid Le Besco), jeune mère d’un bébé de quelques mois, est décédée, Claire (Anaïs Demoustier) a cru un instant qu’elle ne s’en relèverait pas, ce n’était pas juste sa meilleure amie qu’elle mettait en terre, c’étaient toutes ces années qu’elle enterrait, dont il n’allait rester qu’un souvenir qui s’éloignerait avec l’âge. Tout le début du film de François Ozon nous ouvre l’album de leurs meilleurs moments. Laure laissait aussi dans l’affliction des parents, une mère (la douce et aimante Aurore Clément, la blonde éthérée du cinéma français de ces quarante dernières années, disons depuis « Lacombe Lucien » de Louis Malle, qu’elle illuminait de son regard botticellien), un mari, David (Romain Duris) et un bébé. Claire a promis devant le cercueil de Laure, de s'occuper de Lucie comme s'il s'agissait de sa propre fille et de David. Gilles (Raphaël Personnaz) le mari de Claire, accompagne sa femme dans ce deuil. Claire soigne sa dépression par de longs joggings dans un paysage automnal nord-américain. C’est au cours d’une de ces sorties que Claire, se trouvant près de la maison de son amie défunte, en passe la porte comme elle le faisait du vivant de Laure et découvre la double personnalité de David. Habillé des vêtements de Laure, coiffé d’une perruque blonde, David donne le biberon à Lucie. Devant une Claire interloquée, David explique que le bébé ne se calme qu’à la vue de ce travestissement, que Laure acceptait que David s’habilla en femme, que loin d’être une perversion, c’est une passion qui remonte à l’enfance. « C’est peut-être parce que je les désire que j’ai envie de leur ressembler », ajoute David qui avoue à Claire que son désir le plus cher serait d’aller se promener au centre commercial habillé en femme, jupe, chemisier, bas et sous-vêtements compris. Aller faire les boutiques avec la meilleure amie de Laure. Claire a créé Virginia histoire de rassurer Gilles qui commençait à soupçonner sa femme d’avoir une liaison avec David. Avec « Une nouvelle amie » adapté d’une nouvelle de Ruth Rendell la reine des situations glauques, François Ozon signe un film politique puisqu'il y est question de genres et anticonformiste. Il malmène les idées reçues, déconcerte, le spectateur se demandant comme Claire si David n’est pas juste un pervers qui a besoin de se faire soigner. La sortie de Claire et David/Virginia dans une boîte de travestis est l’un des moments forts du film qui prône l’acceptation de l'autre, sa différence. Nous ne sommes pas dans « La cage aux folles », le parodie, le spectacle de travelos, « Une nouvelle amie » se déroule dans une société de couples socialement aisés, de gens qui enfilent chaque matin leurs vêtements de cadres d'entreprises, dans ce qui pourrait être une vraie vie dans laquelle la petite Lucie partagerait l’amour de deux femmes. Réalisateur entre autre de « 8 femmes », « Swimming pool », « Potiche », François Ozon ajoute un nouveau nom à son palmarès d’actrices, citons Catherine Deneuve, Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier, Isabelle Carré… Romain Duris dont la silhouette droite dans ses talons hauts, sa façon de croiser les jambes, tout est chez cet acteur féminin par l’observation des femmes, mais en rien efféminé c’eut été outrancier. Romain Duris a raconté qu’enfant sa sœur le déguisait en fille pour des dîners en famille ou chez des amis. « J’étais sa poupée et j’adorais ça », a-t-il dit. On peut y voir la naissance d'un comédien qui peut se glisser dans n'importe quel vêtement pourvu qu'il l'habite de son talent. Richard Pevny

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