04/12/2014

Les héritiers

425864_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgNous ne saurions pas que le scénario des "Héritiers" s'appuie sur une histoire vraie, qu'elle s'est déroulée dans le même lycée qui a servi de cadre au film, le lycée Léon Blum de Créteil, qu'elle a concerné la classe de seconde , "la pire classe de seconde" de ce lycée, dixit le proviseur, qu'elle a été écrite par l'un des élèves de cette classe, Ahmed Drame, il avait 17 ans en 2009, nous trouverions cette fiction quelque trop joliment tournée pour être crédible. Cette année scolaire 2009, une prof d'Histoire, interprétée par (la malicieuse parfois) Ariane Ascaride, une prof sévère mais juste, décide d'inscrire cette classe au Concours national de la Résistance et de la Déportation. Les élèves sont perplexes, la prof tenace. Question de confiance, madame Gueguen en a à revendre, alors qu'ils en manquent tant. Elle veut les tirer vers le haut quand le reste du coprs enseignant les laisserait patauger dans leur cloaque.
Troisième long métrage de la productrice et réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar, à qui le jeune Ahmed Drame avait envoyé son scénario, "Les héritiers" se déroule en grande partie à l'intérieur du lycée Léon Blum. La vie y est celle que chacun d'entre nous connaît assez bien, comme si rien n'avait changé, hors l'utilisation interdite des téléphones portables. Le règlement c'est le règlement. On y entre avec une scène d'ouverture plutôt violente : une jeune fille voilée vient chercher son diplôme du Bac qui lui est refusé compte-tenu de son refus obstiné d'enlever ledit voile. Des profs en conseil de classe qui préfèreraient que l'on se consacre plus à ceux qui veulent travailler, plutôt qu'à des élèves largement démotivés qui ont fait vivre une enfer à la prof d'Histoire remplaçante, à vous donner le dégoût de l'enseignement. Et puis, le scénario liste un certain nombre de situations. L'un des élèves, Olivier, un jeune, non issu de l'immigration, se met à fréquenter la mosquée, porte collier de barbe, djellaba et donne des leçons de morale à ses "frères". D'autres donnent de peu amicaux conseils vestimentaires à leurs "sœurs".
Dans ce film hautement choral, le prix d'interprétation revient à la vingtaine (ou plus...) de jeunes comédiens, certains quasiment novices, filmés par trois caméras histoire de ne rien en perdre. La scène clé celle où le déporté Léon Zygel, le même qui avait conquis la vraie classe de seconde en 2009, revient, et cette fois face à des comédiens, raconter son passé d'enfant envoyé en camp d'extermination, est très émouvante. Les comédiens sur l'écran et nous dans la salle, sommes transportés par son récit qui se suffit à lui-même plus que les effets de manches cités plus haut pour évoquer l'intolérance et la barbarie.

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