06/01/2015

La terre éphémère

Une île entre deux pays. Une terre éphémère, apparue le temps d'un été, comme tous les étés, sur le fleuve Inguri, frontière entre la Géorgie et sa république séparatiste l'Abkhazie, protégée de Moscou. Un grand-père et sa petite-fille viennent prendre possession de ce terrain. On sent que le vieux bonhomme a l'habitude des lieux. il commence à construire la cabane qui va les abriter et qui bientôt disparaîtra au milieu des grands pieds de maïs. Puis il retourne la terre, trace les sillons sur lesquels va pousser le maïs. Gestes simples du paysan, économie de parole, "La terre éphémère" du cinéaste géorgien George Ovachvili est un film très épuré. Bruit de l'eau et sons de la nature perturbés de temps à autre par les moteurs des bateaux des gardes-frontières des deux camps qui patrouillent sur le fleuve à la recherche de rebelles. Il est vrai que cette île se trouve sur cette frontière, sa tranquillité n'y est qu'apparente. Le conflit entre les deux pays va s'introduire dans ce monde clos, un soldat blessé de l'autre camp, va y chercher refuge, blessé, il sera soigné par le grand-père qui le cachera un temps au coeur du maïs. Mais bientôt une autre menace se profile. Une course contre la montre débute pour récolter à temps les épis de maïs avant que tout ne soit recouvert par la soudaine montée de l'eau du fleuve de retour dans son lit.
Un film magnifique rythmé par l'eau, le temps qui s'écoule d'abord lentement puis change de tempo à l'approche du retour de l'eau, plus les tensions géopolitiques qui peuvent tout faire basculer et que l'on perçoit dans le regard toujours un peu inquiet du grand-père.
Ce film a obtenu le Grand Prix et le Prix de la critique du Festival international du cinéma méditerranéen de Montpellier (Cinémed).
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