14/01/2015

"Loin des hommes"

501981_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgDeux hommes. Ils ne se connaissent pas. L'un, d'origine espagnole, est instituteur dans une école perdue au cœur de l'Atlas algérien. Chaque matin, une bande de gamins arabes fait des kilomètres à pied pour apprendre à lire et à écrire en compagnie de cet enseignant plutôt doux et effacé aux rares colères, qui vit dans ce lieu reclus un peu à la manière d'un moine. Le second est un paysan de cet Atlas. Il a tué son cousin. Il est conduit par un gendarme dont la tenue vestimentaire n'est pas le premier des soucis. Sa mission consiste à confier à l'instituteur le soin d'accompagner le meurtrier jusqu'à la prochaine ville où il sera jugé et condamné. Dans un premier temps, Daru l'instituteur refuse cette mission inhabituelle, mais force lui est d'accueillir Mohamed le paysan. Le logement est d'une simplicité monacale et froid. Au petit matin, l'école est attaquée par les parents du cousin tué qui viennent réclamer le prix du sang, sentence qui pourrait retomber sur le fils aîné de Mohamed si ce dernier ne se livrait pas. Une seule solution pour Mohamed, se rendre à la justice coloniale. Débute une marche à travers des paysages à couper le souffle qui ne sont pas sans rappeler le Colorado et ses falaises de terre rougeâtre, théâtre de poursuites impitoyables dans le western hollywoodien. Nous sommes en novembre 1954, au lendemain des attentats de la Toussaint qui signent le début de la guerre d'indépendance. Sur leur route, Daru et Mohamed rencontrent les premiers combattants de cette guerre, souvent d'anciens engagés dans les armées de libération de l'Italie puis de la France en 1943-44 au côté de Daru leur commandant à l'époque. "On en est plus à apprendre à lire, on en est à vous foutre dehors", lui dit l'un de ses anciens camarades.
Adapté d'une nouvelle d'Albert Camus, "Loin des hommes", second long métrage de David Oelhoffen après "Nos retrouvailles" en 2006, confronte deux hommes que tout pourrait séparer, les origines, l'instruction, la connaissance des femme, mais pas l'honneur, cas l'un comme l'autre n'en manquent pas, quand les hommes ne se comportent plus en hommes les uns envers les autres.

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