17/02/2015

Réalité

185312.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg Jason Tantra est cameraman à la télévision dans une émission culinaire dont l'animateur, habillé d'une peau de bête, passe son temps à se gratter sous le poil. Jason a une idée de film. Il est pote avec un producteur qui vit dans une grande villa très prétentieuse sur une colline de Los Angeles. Dans son film, les postes de télévision envoient des ondes à ceux qui les regardent et les font cramer de l'intérieur. Ils terminent leur misérable vie de consommateur de séries dans des flaques de sang en poussant des gémissements incroyables. Les effets spéciaux sont basiques comme dans le cinéma de genre des années soixante. Bob Marshall, le producteur, dont le nom rappelle celui d'un réalisateur hollywoodien, donne 48 heures à Jason pour trouver le meilleur gémissement de l'histoire du cinéma. Ce dernier s'imagine le soir des Oscars quand son nom sort de l'enveloppe, mais il lui est impossible de s'arracher de son siège, tous les autres sont occupés par des mannequins sans visage. Nous sommes dans l'un des rêves à la con de Jason. Dans un autre de ses rêves, Bob le producteur, de sa terrasse, tire à la carabine sur des surfeurs, un clin d'oeil peut-être au bunuelien "Fantôme de la liberté". Un sanglier bouffe une cassette VHS, récupérée par la fille du taxidermiste. On veut en connaître le contenu... Tout dans ce film qui n'en finit pas de nous balader entre rêve et réalité, rappelle le cinéma, où tout n'est que fiction, même si parfois il est des films qui s'approchent de la vraie vie.
Si vous aviez vu "Rubber", les aventures d'un pneu tueur, tourné en 2010 par Quentin Dupieux, vous ne serez pas dépaysé. C'est un peu fou, mais l'on ne décroche jamais, sans doute grâce à Alain Chabat qui promène d'un bout à l'autre une nonchalance et une douceur qui rendent son personnage attachant. "Réalité" a été tourné à Los Angeles, décor de cinéma à ciel ouvert, donc hors la vie, en anglais pour faire plus vrai ou plus cinéma. Le tout enveloppé par quelques mesures obsédantes et répétitives d'un morceau de Philip Glass.

Les commentaires sont fermés.