26/02/2015

Hungry hearts

493688.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg Le film de Saverio Constanzo débute sur le mode de la comédie romantique. Jude et Mina, il est américain, elle est italienne, se retrouvent coincés dans les toilettes étroites d'un restaurant asiatique de New York. C'est franchement déplaisant pour la jeune femme, d'autant que Jude a quelques problèmes intestinaux. Entre odeur et promiscuité, c'est pas l'endroit idéal pour tomber amoureux, et pourtant à peine libérés, tous deux convolent à Coney Island. Mina tombe enceinte alors qu'elle n'en avait aucun désir. Là voilà hyper protectrice jusqu'à l'obsession pour l'enfant à venir, un enfant unique, un bébé indigo, c'est du moins ce que lui a révélé une voyante. Leur appartement est devenu une bulle pour le bébé qui le protège des mauvaises ondes, où le couple vit en quasi autarcie, ne consommant que des légumes cultivés sous une bâche transparente installée sur le toit du petit immeuble. Mina refusant tout aide de la médecine conventionnelle, l'enfant est menacé de rachitisme. A Jude qui s'en inquiète auprès d'elle, Mina rétorque qu'elle n'a aucune confiance dans les médecins, que le frêle corps de son enfant doit apprendre à se défendre lui-même. Dès lors, Jude ruse pour soustraire quelques heures par jour son fils à sa mère, sous prétexte de lui faire prendre l'air, et se rend dans une église toute proche où il le nourrit de tranches de jambon. La mère de Jude est elle aussi inquiète, comprend que sa belle-fille a sombré dans la folie - "Elle n'est pas folle, seulement pas... ordinaire" lui réplique Jude- , elle le convainc néanmoins de lui confier quelques jours son petit-fils, mais Mina obtient de la justice la garde seule de l'enfant. La vieille femme imagine une solution radicale.
Caméra portée, image désaturée qui tend à dater l'histoire à la fin des années soixante, "Hungry hearts" est d'abord un drame, passés les premiers plans de fausse comédie. Mina n'a confiance qu'en elle-même, c'est peu d'autant qu'elle est rongée par ses cauchemars, paniquée à l'idée d'exposer son enfant au monde extérieur. Jude est partagé entre l'amour pour sa femme et le bon sens prôné par sa propre mère. Le film à la mise en scène toujours en mouvement, est porté par l'interprétation remarquable - ils ont obtenu conjointement la coupe Volpi de la meilleure interprétation au festival de Venise - de Adam Driver et Alba Rohrwacher, cette dernière que l'on peut voir aussi dans le film "Les merveilles" réalisé par sa soeur Alice.

17:05 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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