30/09/2015

"Je suis à vous tout de suite" : une comédie transcommunautaire

315565.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgHanna (Vimala Pons) est une fille nature, sans préjugé d'aucune sorte, une fille par ailleurs que la nature a bien dotée. C'est une fille gentille, généreuse même. Elle ne sait pas dire non. DRH dans une entreprise de distribution de vins, Hanna se met en quatre pour consoler le personnel qu'elle est amenée à licencier; cela se termine généralement chez elle, un petit deux-pièces rue Saint-Denis. Hanna "souffre d'une grave névrose de la gentillesse", dit-elle. Une maladie de famille qui touche son père "épicier social" (Ramsy Bedia) et sa mère (Agnès Jaoui) psy au foyer. Hanna et son frère Hakim (Mehdi Bjaadi) ont toujours vécu dans cette idée que les gens sont bons par nature. Dans cette famille-là, on aime tout le monde, toutes les religions, tous les dieux même ceux qui n'existent pas. Tout change lorsque Hakim se met en tête de vivre selon les principes du Coran, puis de vouloir "retourner", alors qu'il est né en France, en Algérie la terre de ses racines. Hakim a une grave maladie des reins, Hanna est compatible pour une greffe, mais Hakim ne veut pas du rein entaché de péchés de son impie de soeur. A l'hôpital où elle se rend pour des examens, Hanna fait la connaissance d'un chirurgien; son bon coeur lui dicte de le mettre dans son lit. Rendez-vous est pris rue Saint-Denis...
La réalisatrice Baya Kasmi - elle fut scénariste de "Hipocrate" - réussit à évoquer des choses graves ou douloureuses sur le ton de la comédie. Après une entrée en matière un peu aux forceps, le ton de "Je suis à vous tout de suite" rappelle cet autre film, "Le nom des gens" de Michel Leclerc, dont elle fut la scénariste et l'actrice, dans lequel elle déclarait que son peid était de coucher avec des hommes de droite, histoire de les ramener dans le droit chemin de la gauche; ce qui faisait pas mal de monde à se taper... Le tandem Baya Kasmi, à la réalisation, Michel Leclerc au scénario, fait ici mouche une fois de plus, il est vrai bien servi par une brochette de comédiens talentueux. On y croise Anémone en grand-mère pétard qui tape des joints à son petit-fils, Zinedine Soualem en gérant d'un supermarché Halal ou Bruno Podalydès l'interprète de "Comme un avion" dans lequel apparaissait au détour d'une rivière la solaire Vimala Pons.

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23/09/2015

"Les deux amis" un classique du triangle amoureux

376189.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgClément (Vincent Macaigne) est fou amoureux de Mona (Golshifteh Farahni). Tous les jours, Clément se rend gare du Nord dire avec ses yeux à Mona qu'il l'aime. Mais Mona n'a pas le temps d'écouter Clément, elle a des clients à servir. Mona aime bien Clément, mais elle n'en est pas amoureuse. Mona n'a pas le loisir de tomber amoureuse. Chaque fin d'après-midi, elle prend le même train qui la ramène en prison où elle purge une peine en régime de semi-liberté, ce que Clément et Abel ne savent pas. Clément parle de son obsession de Mona à Abel (Louis Garrel). Abel devrait voir comment Mona est belle, dit Clément à son meilleur ami. Clément et Abel sont plus qu'amis, mieux que des frères, un peu amants, mais sans le sexe; ils font penser à un couple, plutôt mal assortis. Abel se rend gare du Nord et dès qu'il aperçoit Mona, il en tombe amoureux. Un soir, les deux hommes raccompagnent Mona jusqu'à son train, l'empêchent de le prendre. Mona se débat, crie, hurle, personne ne vient lui porter secours. La scène filmée sur le mode de l'agression, est d'une rare violence. Les larmes aux yeux, Mona voit s'éloigner son régime de semi-liberté. Durant la nuit suivante, elle devient une fugitive, mais pour la première fois depuis longtemps, elle est amoureuse...
Le triangle amoureux est un classique du cinéma français, mais tout le monde n'est ni Truffaut, ni Sautet. Louis Garrel, fils et petits-fils d'acteurs et cinéastes, s'essaie au genre plutôt avec délicatesse, filmant la femme de sa vie avec excès, n'échappant pas toujours à la critique récurrente du film initmiste à la française qui pêche trop souvent par nombrilisme. La tendresse qu'il a pour ses personnages - le film a été coécrit avec Christophe Honoré sous la direction de qui il a tourné six longs métrages -, ce balancement incessant entre l'amour et l'amitié - l'amitié survit-elle à l'amour ? -, le tout porté par une musique romantique de Philippe Sarde, rend cette première réalisation attachante.

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Golshifteh Farahni actrice rebelle

21028206_20130814104810859.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg"Les deux amis" de Louis Garrel ne risque pas d'arranger les affaires de cette actrice franco-iranienne avec Téhéran, quand l'attaché culturel de l'ambassade d'Iran à Paris aura vu avec quelle gourmandise la jeune femme se laisse filmer nue. Interdite de retour en Iran depuis 2012, quand dans une vidéo tournée pour la cérémonie des Césars, elle dévoile un bout de sein, ses ennuis avec la censure iranienne avaient débuté en 2007 durant la promotion de "Mensonges d'Etat" de Ridley Scott dans lequel elle tenait le seul rôle féminin au côté de Leonardo DiCaprio. Téhéran lui avait reproché d'apparaître sans voile, ce qui lui avait valu une interdiction de sortie d'Iran pendant six mois. Quand elle avait pu récupérer son passeport contre la somme de 2 millions de dollars, Goshifteh Farahni s'était exilée en France où elle avait obtenu le statut de réfugiée. Elle sait que chacun de ses pieds de nez au régime des mollahs vaut pour sa famille, son père est un metteur en scène connu, sa mère plasticienne, sa soeur comédienne et son frère un acteur de la scène rock underground à Téhéran, des tracasseries supplémentaires. L'exil, dit-elle, est "une forme de mort", dans une interview à Libération en 2012. Sa carrière est désormais en Occident, mais son coeur est resté à Téhéran. Elle porte ce déchirement sur son beau visage mélancolique, et ce n'est sans doute pas étranger à son rôle de détenue en semi-liberté dans le film de Louis Garrel. Rentrer à Téhéran ne serait-ce que pour voir sa famille, signerait pour elle la fin de sa liberté de mouvement. "Quand on est artiste en Iran, on est rien, dit-elle. A chaque minute, quelqu'un peut dire qu'on n'a pas le droit de travailler".
Pourtant, là-bas, elle y est une immense actrice, ayant débuté à 14 ans dans un drame romantique qui lance sa carrière iranienne. Elle tourne dix-neufs films en dix ans, dont "M comme Mère", l'histoire d'une mère abandonnée par son mari durant la guerre Iran-Irak. Ce film lui vaut une soudaine célébrité dans tout le pays, jusque dans les villages les plus reculés. En France, on l'a vue dans "Boutique" de Hamid Nematollah pour lequel elle a reçu un prix d'interprétation au Festival des trois continents de Nantes en 2004; "Poulet aux prunes" de Marjane Satrapi avec Mathieu Amalric, "A propos d'Elly" d'Asghar Farhadi et en 2014 "My sweet Pepper land" sorte de western kurde d'Hiner Saleen, puis le péplum "Exodus: gods and kings" de Ridley Scott dans lequel elle joue Nefertiti, sorte de remake des "Dix commandements". au début de cette année, elle est apparue nue, photographiée par Paolo Roversi, à la une de la revue Egoïste, ajoutant encore plus de contentieux entre elle et le régime des mollahs.
Ses prochaines apparitions au cinéma devraient être dans "Les malheurs de Sophie" de Christophe Honoré en 2016, puis "Pirates de Caraïbes" en juillet 2017. D'ici-là, il est fort probable qu'on la trouve dans la liste des actrices nommées pour le César de la meilleure interprétation féminine.

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15/09/2015

"Marguerite" la reine des couacs

201698.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLa belle société se presse dans les salons de la baronne Dumont. Celle-ci, grande mélomane, s'apprête à donner l'un de ses mémorables récitals au profit des orphelins de la Grande Guerre. L'aristocrate se prend pour une soprano colorature, un don qu'elle cultive en privé. En attendant l'arrivée de son mari le baron Georges (André Marcon), sans qui elle ne saurait commencer, des musiciens sont chargés de faire patienter les invités. Le baron se fait attendre, il est vrai guère pressé d'assister à une humiliation de plus, car la particularité de Marguerite Dumont est qu'elle chante faux, mais vraiment, insupportablement faux. Ne le sait pas, sans doute n'a-t-elle pas d'oreille, contrairement à ses invités. La scène dans laquelle elle entonne l'air de "La flûte enchantée", trois enfants vont se cacher sous une table comme un clin d'oeil à l'"Amadeus" de Milos Forman. Pourtant son petit monde d'amis, d'admirateurs, assiste à ses récitals sans piper mot, un sourire un peu gêné au coin des lèvres. Hypocrisie d'une société de mondains qui préfèrent fermer la porte du fumoir où ces messieurs se sont repliés. Au jeune journaliste qui vient leur demander : "Elle a toujours chanté comme ça ?", l'un d'entre eux réplique : "Ah, non! Elle a beaucoup progressé". En dehors de ce fâcheux problème, Marguerite est une personne de très bonne compagnie, de surcroît généreuse, ce qui explique qu'il ne s'est trouvé personne pour lui dire la vérité. "L'argent n'a aucune importance, l'important c'est juste d'en avoir", dit-elle au ténor Atos Pezzini (Michel Fau) qu'elle engage comme coach, quand il lui prend l'envie de monter sur la scène de l'Opéra devant un vrai public dans son rôle fétiche de "La reine de la nuit". La faute à une petite bande de jeunes avant-gardistes, un peu anarchistes aussi, dont elle s'est entichée. Dès lors, c'est le branle-bas de combat dans son entourage pour la dissuader de mener à bout son projet fou. A son mari, le baron, qui l'engage à faire machine arrière, elle lance : "C'est ça ou devenir folle". C'est une folie, à l'image de Marguerite qui vit dans son château au milieu de ses partitions dédicacées, des costumes de scène qu'elle rachète à prix d'or, dans lesquels elle se fait photographier par son fidèle Madelbos (Denis Mpunga), une armoire de majordome un peu amoureux de cet avatar de grande folle, une de celles qu'il côtoie le soir venu dans quelque cave parisienne au son du jazz américain. "Marguerite" est l'histoire d'un couple vieillissant, qui peine à trouver un second souffle, elle dans le chant, lui dans les bras d'une plus jeune, mais tous deux restés sincèrement amoureux l'un de l'autre.
Pour ce rôle qui demande non seulement de la voix, mais du tempo, il fallait une originale, ce ne pouvait être que Catherine Frot, la dilettante de Pascal Thomas, l'apprenti espionne Prudence Beresford dans l'adaptation du même réalisateur des romans d'Agatha Christie, qui n'hésite pas à se transformer en vipère (Folcoche) ou en vieille maman rédemptrice ("Le vilain" d'Albert Dupontel). Elle est Marguerite des pieds aux cordes vocales, divinement, délicieusement, sublimement. Et même si ce n'est pas sa voix, chanter faux est un métier, elle en assure le play back à merveille.
La réalisation soignée est signée Xavier Giannoli qui aime bien les tandems atypiques (François Cluzet et Emmanuelle Devos dans "A l'origine" ou Cécile de France et Gérard Depardieu" dans "Quand j'étais chanteur"). "Marguerite" est son premier film d'époque et c'est pour le moins une réussite. Le cinéaste s'est inspiré de l'Américaine Florence Foster Jenkins dont il existe un enregistrement de l'air de la Reine de la nuit que devrait ressusciter Meryl Streep dans un film de Stephen Frears attendu début 2016.
Richard Pevny
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09/09/2015

"Youth" : un hymne à la vie

531328.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgUn maestro à la retraite, un interprète de Q sans son armure (Paul Dano), un réalisateur à bout de souffle, une équipe de jeunes scénaristes en recherche d'inspiration dans la sieste, un lama en lévitation, une Miss Univers belle à se damner, un ballet de corps vieillissants filmés au ralenti... nous sommes dans "Youth", une comédie impertinente de l'enfant dissipé du cinéma italien Paolo Sorrentino.
Fred (Michael Caine) et Mick (Harvey Keitel) sont de vieilles connaissances. L'un est britannique, l'autre américain, comme les deux acteurs qui les interprètent, l'un, souvent espion à la solde de Guy Hamilton, ou Terence Young, l'autre, bad boy du cinéma tant chez Ferrara que Tarantino. Le film a pour cadre un palace des Alpes suisses. Ici, tout n'y est que beauté, luxe, calme et volupté. C'est un lieu endormi, ou de riches pensionnaires, entre massage, sauna et check-up, regardent passer le temps dans la contemplation d'un fabuleux paysage ou d'une jeune femme nue et pulpeuse à souhait, telle Ondine rejoignant l'eau chlorée de la piscine de l'hôtel devant deux octogénaires médusés. "Qui c'est ?", demande Fred. "Dieu", lui répond Mick. N'y manque que la voix de Julie Andrews pour se croire dans une version moderne de "La mélodie du bonheur". Oui, mais un bonheur plus artificiel que réel.
Le soir, comme dans le tonifiant "La grande Bellezza" (Oscar du meilleur film étranger), les terrasses du palace sont animées de musique avec la pop star Paloma Faith dans son rôle favori.
Qu'évoque "Youth" (je préfèrere le titre original de "La Guivinezza") sinon le temps qui passe et qui ne reviendra pas, malgré toutes les poudres de perlimpinpin qui vous assurent que vous le valez bien. Quand Fred, le compositeur et chef d'orchestre se retourne sur son passé, ou que sa fille (Rachel Weisz) l'y force, il ne rencontre que des regrets. Regrets de n'avoir pas été là pour la voir grandir parce que son travail au côté de Stravinsky était plus important. Regrets de n'avoir pas été aussi présent auprès de sa femme, l'interprète vocale de sa musique, qui repose dans le même cimetière vénitien que le musicien russe. Pourtant, l'on apprendra que depuis la disparition de son épouse il se refuse à faire jouer ou diriger cette même musique avec une autre interprète, fut-ce devant le couple royal britannique dont l'envoyé spécial ne saurait rentrer à Buckingham sans le consentement qu'il est venu en Suisse arracher au musicien. Quant à Mick, il tente de mettre une dernière scène au film-testament qu'il veut tourner avec la star Brenda Morel (Jane Fonda épatante) qu'il a rendue célèbre et qui ne semble pas en montrer de la reconnaissance.
Ensemble, Fred et Mick ne partagent que du bon temps, traitant de traits d'humour leurs problèmes de prostates, ou l'obésité d'une ancienne star mondiale du football au dos tatoué d'une tête de Karl Marx dont la barbe se perd dans les plis adipeux du torse. "A mon âge, la forme est une perte de temps", dit Fred qui passe le sien à écouter la nature, en dirigeant un hypothétique orchestre de bovinés, cloches au vent des Alpes suspendus à leurs cous.
C'est peut-être cela la vie à l'automne de l'existence. Quand on a goûté à tous les chocolats de la boîte (voir "Forrest Gump"), il en reste dans la bouche une suite de bons et mauvais souvenirs qui rendent le présent mélancolique. Et l'avenir ? Nos écorchés par la vie ne lui ferment pas la porte, comme le dit Mick le cinéaste : "La vie continue même sans ce putain de cinéma".
Heureusement, il y a Paolo Sorrentino, l'élégance de sa mise en scène, la musique attachante de son cinéma, son propos doux-amer sur l'existence. Le grand oublié du palmarès cannois pourrait prendre sa revanche auprès du public. Un prix du public grandement justifié. Tendre, cruel et émouvant il y a tout cela dans cette symphonie dont les mouvements pourraient s'appeler la vie, l'amour, la mort, l'amitié indéfectible de deux êtres, l'art in fine par la voix de la Coréenne Sumi Jo. Une chanson toute simple comme hymne à la vie.
Richard Pevny
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02/09/2015

"Le tout nouveau testament" : miracle à Bruxelles

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Dieu est belge, il habite à Bruxelles. Voilà un pitch qui débute à la manière d'une histoire belge. Normal, puisque le réalisateur de ce film presque 100% wallon n'est autre que Jaco Van Dormael le cinéaste de "Toto le héros" (César du meilleur film étranger en 1990) et "Le huitième jour" qui valut à ses interprètes Daniel Auteuil et Pascal Duquenne le prix d'interprétation au Festival de Cannes en 1996.
Imaginez un type abominable, un salaud pour dire les choses comme elles sont. Un type qui, non content d'en faire voir à sa propre famille, sa femme (Yolande Moreau qui n'a rien d'une Vierge), une sainte femme qui vit dans l'attente du retour de son fils, et sa fille Ea (Pili Groyne), Dieu en veut à la terre entière. Derrière l'écran vert de son ordinateur, un modèle ancien, dans un vaste bureau, tellement vaste que l'on n'en devine pas le plafond, tapissé de casiers contenant quelques milliards de fiches, Dieu, vêtu d'un peignoir qui a connu des jours meilleurs, s'amuse à faire chier le monde en pondant des lois absurdes, telle que : "La file d'un côté avance toujours plus vite" ou "quand on plonge un corps dans la baignoire, le téléphone sonne"... Dieu s'ennuyait, alors il a fait Bruxelles. Ea, ado privée de tout ce qui fait de Bruxelles un paradis, en a ras-le-bol de son divin géniteur. Le hasard - "le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito" disait Einstein -, l'amène à pénétrer dans l'antre d'où Dieu, soit son paternel, dirige le monde. Et là, ni une ni dieu, la petite effrontée en trois clics, envoie par SMS à tous les vivants leurs dates de décès. Un truc à faire exploser la Bourse, les bourses et tout le saint-frusquin, privant Dieu de son dernier pouvoir sur l'humanité. Oui, parce que l'ordinateur a lui aussi fait pffffff... Ea ne s'est pas attardée et hop, par un tunnel secret - c'est JC son frère, pas Jean-Claude Van Damme, qui lui a révélé que du tambour de la machine à laver on pouvait accéder à un lavomatic au coeur de la capitale belge -, Ea déboule à Bruxelles à se chercher six apôtres, ce qui fera dix-huit participants dans la Cène de Léonard, pour écrire un nouveau testament, histoire de répondre à la question de l'humanité : "Qu'allons-nous faire du reste de notre vie ?". Martine (Catherine Deneuve), richement mariée à un homme qui n'a d'yeux que pour ses affaires, a trouvé la réponse dans les bras d'un autre. ce pourrait être la question posée par ce film qui, sous une forme débraillée, dit certaines choses sur le savoir ou le devoir vivre ensemble. Sous des airs de comédie déjantée, plus professeur Choron que Groucho Marx, "Le tout nouveau testament" à qui l'on pourrait appliquer le slogan "belge et méchant", réconcilie l'homme et la femme avec l'humanité, en dehors de tout catéchisme.
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