05/04/2016

"Le pont des espions" de Steven Spielberg

097676.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgSteven Spielberg aime l'Histoire et les petites histoires de la grande Histoire, ses héros surtout ("Il faut sauver le soldat Ryan", "La liste de Schindler", "Munich", "Lincoln") qu'ils soient connus ou pas. James Donovan en est un. Avocat dans les assurances, c'est un homme droit, honnête, pour qui seule compte la vérité des faits. Cet homme exemplaire est engagé par le gouvernement américain pour assurer la défense d'un espion soviétique que tout accuse et qu'attend la chaise électrique. Ce n'est plus qu'une simple formalité et Donovan n'est là qu'en tant que figurant, histoire de donner bonne conscience aux juristes du gouvernement. Mais la cause est entendue, Rudolf Abel, le nom de l'espion "rouge", doit subir le même châtiment que les époux Rosenberg. Notre avocat commis d'office, dont le rôle est brillamment défendu par Tom Hanks, va mener sa barque comme s'il défendait n'importe quel quidam face à un juge fédéral à qui il ne faut pas lire le droit. Donovan réussit pourtant à mettre le teigneux juge, avec qui par ailleurs il entretien des liens d'amitié, dans sa manche, quand il lui suggère que Rudolf Abel serait plus utile aux Etats-Unis vivant que mort, si jamais un espion américain venait à être capturé par l'ennemi. Un échange pourrait donc être possible. Nous sommes au tout début des années soixante, donc en pleine guerre froide, alors que la RDA élève un mur au coeur même de Berlin, séparant de facto l'ancienne capitale du Reich en deux entités bien distinctes. C'est ce que raconte "Le pont des espions", un passage entre le Berlin administré par les Américains et Berlin Est sous influence soviétique. Un grand film de genre palpitant, à la mise en scène flamboyante. Spielberg est un cinéaste de studios, capable de gigantesques reconstitutions, l'héritier de ces réalisateurs qui ont fait la gloire des grandes enseignes hollywoodiennes, et peut-être le dernier dans son genre. C'est l'histoire d'un homme ordinaire que l'Histoire transforme en héros, et en cela Tom Hanks est lui aussi l'héritier de ses grands prédécesseurs, je pense à James Stewart, à Gary Cooper. J'entends parler à propos de ce film de mise en scène classique, conventionnelle, par rapport à qui ou quoi ? Steven Spielberg fait du cinéma depuis plus de quarante ans, depuis "Duel" qui me surprend chaque fois que je le visionne. Il est lui-même devenu un classique comme son copain de fac George Lucas. Ces gens-là sont des antidotes à l'ennui.

11:49 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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