12/04/2016

Fritz Bauer, un héros allemand

261919.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgC'est l'histoire d'un homme de l'ombre, un histoire vraie qui a pour cadre l'Allemagne fédérale à la fin des années cinquante. Procureur général, Fritz Bauer, la cinquantaine bien tassée, est l'homme qui va faire tomber Adolf Eichmann, le théoricien de la solution finale. Ce dernier vit paisiblement en Argentine à l'abri de toute poursuite, tant de la part de la CIA que du renseignement allemand. A un interviewer ce cynique déclare : "Je n'ai tué personne. J'ai juste transporté les juifs vers leurs bourreaux". Son seul regret, ne pas avoir terminé le travail. Dans la haute administration judiciaire allemande noyautée par d'anciens fonctionnaires nazis, le travail de Fritz Bauer, pour ses ennemis "un juif habité part la vengeance", n'est pas facile. Lui-même dira: "Quand je sors de mon bureau, j'entre en territoire ennemi". Intimidations, menaces de mort, chantage autour de son homosexualité - considérée comme un délit pénal -, rien n'y fait. Fritz Bauer est un obstiné qui veut confronter le peuple allemand avec son horrible passé. Il lance ses procureurs à la recherche des Mengele et Borman et c'est Eichmann qu'il retrouve. Sa source, un ancien colonel SS qu'il a débusqué parmi les cadres de Mercedes Benz. Bauer, alors, contacte le Mossad pour qu'il l'aide à enlever Eichmann et à le conduire à Francfort. mais personne, semble-t-il, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat n'a envie d'un procès Eichmann sur le territoire allemand et c'est à Jérusalem qu'en 1962 l'exécuteur nazi est condamné à mort par pendaison.
Ce film passionnant pour sa thématique est construit autour de la traque d'un criminel nazi, avec musique jazzy qui tend à lui donner une tonalité de thriller. Pourtant ce mordant manque à la réalisation de Lars Kraume, quelque trop conventionnelle. Peut-être parce que trop en prise avec l'Histoire. Le scénario est adapté d'un épisode du livre "L'impossible retour : une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945". Tous les personnages sont réels à une exception près, celui du jeune procureur Karl Angermann, un personnage promis à un brillant avenir, qui se retrouve piégé dans une boîte de travestis, choisit la prison plutôt que la trahison. "Il ne faut jamais céder à la tyrannie", lui dit Fritz Bauer, interprété par Burghart Klaussner, procureur général habité par son rôle de justicier qui porte en lui une blessure, celle d'avoir échappé au camp de concentration en composant avec le régime.

20:54 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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