31/05/2016

Ils sont partout

547665.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg 543134.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg Yvan Atall est-il à ce point obsédé par les Juifs ? Lui-même, en ouverture de ce film, l'avoue à son thérapeute dans leurs longues séances au cours desquelles Yvan cultive son délire de la persécution. Comment 0,2% de la population mondiale peut-il à ce point obséder presque sept milliards de terriens ? Parano Atall ? Pas tant que cela si l'on en croît les statistiques sur le remontée ces dernières années de l'antisémitisme en France. C'est à cela que s'attaque "Ils sont partout", titre qui rappelle un fleuron de la collaboration avec les nazis, le "Je suis partout" de Brasillach, Rebatet, Céline et consorts, journal antisémite au plus haut degré, en un mot fasciste; et qui ne s'en cachait guère. L'antisémitisme est une vieille affaire, pas seulement française, qui vient de très loin, remonte au premier siècle après J.C., quand les premières communautés chrétiennes ont migré de Jérusalem, rasée en 70 par les légions romaines, vers des cieux plus cléments, à Rome notamment. C'est là qu'est née cette idée que les juifs étaient responsables de la mort du Christ. Cela s'apprenait même au catéchisme dans le temps, Jésus n'avait pas été crucifié par l'autorité d'occupation, mais par le clergé du temple, paroles d'évangiles. Depuis, les juifs traînent comme des casseroles une kyrielle de clichés qui ont la vie dure, un peu comme une tradition, un folklore. Sauf que parfois, le folklore tourne à l'aigre, à la vindicte, à la violence physique, voire à l'attentat. De ces clichés, ces préjugés contre les Juifs, Yvan Atall a choisi d'en faire un film à sketches dont les séances avec son thérapeute en seraient le fil conducteur. SuiEntre un leadervant l'exemple de quelques-uns de ses aînés, il s'est dit que la meilleure voie pour toucher le plus grand nombre, le coeur des indifférents, est celle de la comédie. Woody Allen, athée devant l'éternel, a fait de l'humour juif l'un de ses fonds de commerce. Dans "Rabbi Jacob", et une phrase prononcée par Louis de Funès à son chauffeur ("Comment, Salomon, vous êtes juif ?), Gérard Oury tort le cou à l'antisémitisme. C'est un exercice d'équilibriste qui demande de la légèreté pour ne pas tomber dans le lourdeur du prêchi-prêcha. Yvan Atall n'y réussit pas toujours. Mais il y a quelques bons moments portés par une cohorte de comédiens ami(e)s, Charlotte Gainsbourg, Dany Boon, Benoît Poelvoorde, Valérie Benneton, Gilles Lellouche, Robert Castel... Entre un Poelvoorde en leader d'un parti d'extrême-droite qui apprend horrifié que sa grand-mère maternelle était juive et un Dany Boon-Bensoussan obligé de dealer pour payer la pension alimentaire de son ex-femme Charlotte Gainsbourg ("J'ai épousé le seul juif qui n'a pas de thune"), le meilleur reste la machine à remonter le temps dans laquelle le Mossad envoie l'un de ses agents, non pas comme on pourrait le penser, tuer Hitler avant qu'il ne devienne un peu trop Furieux, mais occire le petit Jésus source d'embêtement pour tous les juifs depuis deux mille ans. Mais rien ne se passe comme prévu, l'espion tombe amoureux de Marie et finit sur la croix à la place de Jésus. A la fin, Yvan Atall finit pas poser à son psy enfin la question qui lui aurait fait économiser un paquet de fric en consultations : "Pour vous, être juif c'est quoi ? Etre juif, répond le thérapeute, c'est transmettre..."

22:48 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

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