22/06/2016

Tout de suite maintenant

277942.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg Nora Sator a 30 ans, belle, un profil de futur manager, le regard franc, le contact glacial, elle est promise à un brillant avenir. Un avenir qui se dessine tout de suite maintenant. TDSM est le credo de ceux ou celles qui s'enqagent dans les couloirs de la haute finance. Et ceux du cabinet de conseils fusions-acquisitions qu'intègre Nora sont monochromes, froids comme le bureau de Nora sans fenêtre, fonctionnel, on ne lui en demande pas plus. L'accueil plutôt chaleureux de son patron, Barsac (Lambert Wilson), ne l'est qu'en apparence. Barsac partage son pouvoir avec son associé et ami Prévôt-Parédès (Pascal Greggory). Amis, il ne le sont que de façade. En fait, touts deux se détestent intimement. Au temps de leurs études à Centrale, ils ont bien connu le père de Nora, Serge (Jean-Pierre Bacri), un féru des mathématiques qui vit reclu dans un vieil appartement, dont l'aspect vétuste contraste avec le luxe tapageur de la vaste villa de Barsac. On ne connaîtra jamais le contentieux entre Barsac et Stator, mais tous deux se haïssent, Barsac prenant Stator pour un raté, en fait c'est sa liberté qu'il jalouse, Stator méprisant l'homme qu'est devenu Barsac. Mais les parcours professionnels ne sont pas seuls en cause. Au coeur de ce trio, il y a une femme, Solveig (Isabelle Huppert). Elle a choisi son camp, n'en est pas fière, noie ses sentiments dans l'Armagnac. Nora réveille en elle d'anciennes émotions qui n'attendaient que cette étincelle pour se révéler à nouveau. Le temps est un élément déterminant du film de Pascal Bonitzer. Nora et son collègue Xavier (Vincent Lacoste) courent après le temps, c'est même leur job dans un secteur où chaque seconde peut coûter très cher. Solveig et Prévôt-Parédès, poète contrarié, voudraient le remonter tout en sachant qu'on ne peut rejouer la partie. Barsac est dans une fuite en avant calculée. Serge Stator a arrêté le balancier de la pendule du temps, il est perdu quelque part dans ses équations, dans un calcul sans fin. Comme dans la loi de Newton, les protagonistes de cette tragédie s'attirent les uns vers les autres, un mouvement qu'a involontairement déclenché Nora, perturbant un éloignement que rien ne semblait vouloir arrêter. "Tout de suite maintenant", nous dit que l'on peut toujours changer le cours du temps et des sentiments, simple question de choix, de morale. Casting haut de gamme, même si Bacri et Lambert Wilson sont sans surprise. Agathe Bonitzer, n'est pas seulement une fille de (Pascal Bonitzer et Sophie Fillières), elle est juste d'un bout à l'autre. Isabelle Huppert n'arrête pas de nous étonner.

10:43 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.