06/09/2016

Comancheria

551285.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgDeux frères, Joby (Chris Pine) et Tanner (Ben Foster) se lancent dans une série de braquages concernant plusieurs agences d'une même banque, celle-là même qui a mis leur mère sur la paille, il y a plusieurs années de cela, dans une région du Texas longtemps habitée par les Comanches, avant que leurs terres ne soient confisquées par les blancs et ,dont les descendants font eux-mêmes face aux saisies des banques. Les braquages ont lieu au petit matin, à l'ouverture des agences concernées dans des villes fantômes, des endroits déshérités, des terres cramées par le soleil, le manque d'eau et la récession économique. Dans ces coins, la pauvreté, c'est comme une maladie que l'on se transmet de génération en génération, dit Toby aux rangers venus l'interroger. Le spectateur est pour ces Robin des Bois du XXIe siècle qui n'utilisent leur arme qu'en dernier ressort, des sortes de justiciers masqués, qui ne trouvent au début qu'indifférence autour de leurs forfaits. Comme le dit un témoin aux rangers venus enquêter sur place : "J'ai assisté au vol de la banque qui me vole depuis trente ans". A leurs trousses, Marcus un officier bientôt à la retraite qui rêve d'un coup d'éclat avant de tirer sa révérence, et son adjoint, Alberto Parker, un descendant de ces Comanches. Nos deux desperados entendent limiter leur butin, petites banques, petites coupures, au montant qu'ils doivent rembourser à cette même banque, pour éviter la saisie d'un ranch familial qui n'en vaudrait pas la peine s'il ne recelait pas dans son sous-sol des réserves d'énergie.
Le cinéaste britannique David MacKenzie revisite, dans un scope rayonnant de cette lumière du sud et des grands espaces, les codes du western, sauf qu'ici le méchant de l'histoire, ce ne sont ni les deux braqueurs d'occasion, même si l'aîné d'entre eux, un ancien taulard, semble plus déterminé à en découdre avec les hommes armés lancés à leurs trousses, ni le tandem de rangers mené par le facétieux Jeff Bridges qui ne manque pas une occasion de rappeler les origines indiennes de son collègue, mais la banque qui va au finish être remboursée avec son propre argent. David MacKenzie parle de "criminalité rédemptrice". Rédemptrice pour les deux frères qui trouvent des raisons légitimes de reprendre un bien spolié. Pour la banque obligée de faire "amende" honorable, car elle connaissait la finalité du prêt qu'elle octroyait à la mère des deux braqueurs. Le titre original "Hell or high water" qui pourrait se traduire par "Contre vents et marées" ne souffre d'aucune ambiguïté. Excellent en tout point.
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