13/04/2011

On dirait le Sud...

On sait le cinéma français le premier en Europe, tant par le nombre de salles - 5 470 écrans dans 2 066 établissements - que de films présentés chaque année sur ces mêmes écrans, produits et réalisés... La France est aussi le pays par excellence des festivals, quelque 500 ou plus, pour tous les goûts, dans tous les genres, qui avouent plus ou moins leur ambition d'égaler 'Cannes' dans leur domaine ou leur zone géographique, ce phare qui attire chaque année, depuis 1946 sur la Croisette, la cinéphilie internationale.
Depuis quelques années, on assiste aussi à des mini-festivals, sans jury, sans thématique propre, appelés 'rencontres' et initiés autour d'une vingtaine d'avant-premières par des amicales d'exploitants, ces gens sans qui il n'y aurait sans doute pas de cinéma en salles, cette invention des frères Lumière qui presque cent vingt ans après la première projection publique d'images animées, persiste avec plus de bonheur en France qu'ailleurs. Merci Jack Lang !
A Gérardmer dans les Vosges ces rencontres existent depuis quinze ans, et depuis onze ans pour les rencontres des Côtes de Bretagne. Le grand Sud manquait à l'appel. C'est fait et pas n'importe où, dans la ville où Jean Vilar avait créé un rendez-vous théâtral renommé dans le monde entier.
Donc, les premières Rencontres cinématographiques du Sud se sont tenues la semaine dernière en Avignon, au cinéma Capitole avec sa façade art déco et ses enseignes lumineuses à l'ancienne rénovées. Pari réussi pour les organisateurs qui ont pu présenter à ces professionnels, qui n'ont pas toujours le loisir de voir 'leurs' films en avant-première, et au public, vingt-deux longs métrages dont neuf l'ont été par leurs réalisateurs accompagnés de comédiens.
Ainsi l'on a pu rencontrer entre autre Claude Lelouch, José Alcala pour 'Coup d'éclat' tourné à Sète, Bruno Chiche ( 'Je n'ai rien oublié' ) et Françoise Fabian, Patrice Leconte ( 'Voir la mer' ) et Pauline Lefèvre (l'ex-miss météo de Canal +), Maurice Barthélemy ( 'Low Cost' ) et Judith Godrèche, Philippe Claudel ( 'Tous les soleils' )...
Et jeudi soir, dans le cadre prestigieux du Palais des Papes, ces mêmes professionnels se sont retrouvés pour la Nuit des Victoires du Cinéma qu'anime avec un bel entrain Claude Damianthe, figure incontournable du 7e Art en dessous de la Loire. Une belle occasion pour rendre un hommage appuyé à ce défenseur de la chose filmée, qui ne manque jamais d'anecdotes sur tel ou tel acteur (ou actrice) qu'il a accompagné ces quarante dernières années dans les tournées d'avant-premières.
R. P.

26/02/2011

Sharon Stone sex-symbol du cinéma... français

sharon.jpgComme en 2006, lorsqu'elle était venue à Paris défendre - un bien grand mot pour un film qui avait si peu d'ambition - "Basic instinct 2", le salon Psyché du Ritz semblait faire figure de camp retranché à l'intérieur même du palace de la place Vendôme. Pas un demi-mètre carré des lieux qui ne fut occupé par un ou une journaliste. Debout derrière la dernière rangée de chaises dorées à la louche, mon 1m 82 à la démarche oscillant entre Gary Cooper et Clint Eastwood de vieux routier des salles obscures, ne pourrait échapper à son regard amusé. Des particules de testostérones emplissaient le peu d'air ambiant, senteur de cuir tanné et de tabac froid. En 2006 - je me trouvais à deux mètres de ses longues jambes -, quand elle déclarait : « J'ai des fantasmes tout le temps ».
Elle avait obtenu quatorze millions de dollars pour croiser et décroiser une nouvelle fois ses jambes. Au bout, « Basic instinct 2 », n'était qu'une chose bien prétentieuse. Ce qui était caché dans le film de Paul Verhoeven, le pic à glace et la petite culotte de Catherine Tramell, devenait d'une banalité déconcertante. A Paris, la blonde sulfureuse, du haut de son Q.I. de 154, relativisait : « Basic instinct 2 n'est qu'un film...». Or, dans une fin d'après-midi parisienne morose de janvier dernier, quand l'idée d'un « Basic instinct 3» est montée au cerveau d'un confrère de la presse pipeau(l), la star la plus glamour d'Hollywood a envoyé l'effronté dans les cordes. N'empêche, son arrivée dans le deuxième épisode de « Largo Winch », n'est peut-être pas anodin. Qu'interprétant une procureur près le Tribunal pénal international, elle interroge le séduisant Largo, assise sur son bureau, balançant ses jambes croisées sous les yeux de son suspect, le rapprochement avec « Basic Instinct » n'aura échappé à personne. Sharon Stone resterait donc prisonnière de son destin de sex symbol.
« Qu'à mon âge quelqu'un me qualifie de sex symbol, c'est formidable » , lancera guillerette la star. Pour le reste, le fameux clin d'oeil dont toute la presse va parler, « tant de gens y font référence, et étant donné que cela fait partie de mon patrimoine, je suis contente de savoir que cela est drôle et rend le film plus divertissant » . Et puis, ajoute-t-elle, « le client a toujours raison ».
Après un congé sabbatique de trois années, durant lesquelles elle s'est surtout occupée de ses trois enfants, 4, 5 et 10 ans, Sharon Stone revient sur les plateaux de tournage par la France. « J'ai lu beaucoup de scénarios, mais peu de rôles qui me plaisaient » , assure-t-elle. Maintenant que ses enfants ne son plus en couche, elles se dit plus disponible. Pas nécessairement pour Hollywood. «On parle de tourner un autre film en France...» , laisse-t-elle planer. Si elle n'avait pas été actrice, «j'aurais aimé être pompier...» , dit Sharon en forme d'épilogue, nous laissant, avec cette info, rêveurs.
Richard Pevny

01/01/2010

Festival de Sarlat

sarlat.jpgDernièrement, pour sa dix-huitième édition, le festival du film de Sarlat réunissait une programmation qui ferait envie à beaucoup de manifestations hexagonales consacrées au 7e Art. Réunir sur le papier une trentaine de longs métrages (dont l'avant-première de "Paranormal activity"), et une vingtaine de courts métrages, est déjà un petit exploit. Mais il est vrai que dans la capitale on parle de plus en plus de ce "petit" festival qui en novembre, semble avoir fait sa place dans le calendrier touffu de quelques quatre à cinq cents festivals en France, au point que les distributeurs n'hésitent plus à faire un crochet par ce coin du Périgord entre Lascaux (pas mal hors saison) et Gourdon. Bien entendu, réalisateurs et acteurs ne font pas halte à Sarlat juste pour leurs courses de Noël, encore que l'on peut concilier les deux. Sarlat est un festival tout ce qu'il y a de sérieux, où les journalistes viennent aussi faire leurs courses de... films et d'interviews.

Son succès, tout comme sa longévité, ce festival le doit aussi grandement au millier de lycéens des classes L qui envahissent une semaine durant les rues de la petite cité des inséparables Montaigne et La Boétie. Car Sarlat porte en elle un décor de cinéma, souvent utilisé dans les films de cape et d'épée. Avec les lycéens des classes terminales, elle se transforme en Cinecitta à ciel ouvert que sillonnent de petites équipes d'apprentis cinéastes conseillés par des références, tels que Frédéric Schoendoerffer, Claude Pinoteau, Yves Boisset, Bon Swain ou Philippe Muyl, sous la haute présidence d'un "tonton" octogénaire pas du tout flingueur, Georges Lautner. Le bonheur de la présidente Joëlle Bellon est total quand l'un de ces stagiaires revient un jour avec un film sous le bras. C'est ainsi que fonctionne le Festival du film de Sarlat, avec beaucoup d'amour pour le cinéma et le bénévolat de dizaines de gens, qui une fois la caravane des artistes passée, retourneront pour certains à leurs conserves de cèpes et de confits.

 

R. P.