07/02/2013

Le petit Gabin illustré par l’exemple

Gabin parlait dans ses films comme dans la vie, nous apprend Philippe Durant qui, dans la droite ligne (enfin, si l’on veut) de son « Petit Audiard illustré par l’exemple », sort dans une collection qui commence à imposer son graphisme, ce « Petit Gabin illustré par l’exemple » (1). Petit, pas tant que ça ! Le bonhomme avait du coffre, pour ne pas dire de la gueule, aidé de ses auteurs favoris, Pascal Jardin et Michel Audiard qui n’est jamais loin lorsqu’il faut emprunter au parler de la rue. Et ce parler Gabin se l’était forgé dans les rues de Paname, les music-halls, les loges d’artistes. Personne n’échappait à la verve de Gabin, pas même Marlene Dietrich, son grand amour, pourtant habituée à ce que les autres s‘effacent devant elle. Excédé, il pouvait lui lancer –rapporté dans son livre sur Marlene par Louis Bozon : « La Pruskott, tu commences à m’emmerder » (2). Dernier avertissement avant l’avoine. Dans le parler populaire, l’avoine du cocher se donnait avec le fouet , histoire de faire avancer la bête. L’argot, nous dit Philippe Durant, en fit un verbe, synonyme de marron, de gnons, de baffes.
Le polar à la française est rempli de types qui se font avoiner. Philippe Durant relève plus de 230 mots utilisés par Jean Gabin dans les 95 films qu’il a tournés. Sur des dialogues de Michel Audiard dans « Le cave se rebiffe » (« Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon ! ») ou de Jacques Prévert dans « Le jour se lèvre » (« Lui, il boit du lait quand les vaches ont mangé du raisin »). En 1937, Prévert a mis dans la bouche de Gabin l’une des plus belles répliques du cinéma français dans « Quai des brumes » de Marcel Carné. Deux décennies plus tard, Michèle Morgan rapporta qu’avant le tournage de leur scène du baiser, Gabin lui avait lancé : « Oh toi, t’es une môme. Je suis sûr que tu ne sais pas embrasser. Je viens de tourner avec Annabelle, elle c’est quelque chose ! ». Morgan prouva sur le champ qu’elle n’avait pas juste « de beaux yeux ».
R.P.(1)« Le petit Gabin illustré » de Philippe Durant. Nouveau monde éditions. 223 p., 14,90 euros.
(2) Editions Michel Lafon (2012). gabin.jpg

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14/01/2013

Hollywood d’hier et d’aujourd’hui

cet-ouvrage-the-artist-le-livre-mele-aussi-bien-les-mots-que-les-images-photo-dr.jpguniversdal.jpgA l’angle de Vine et Selma Streets dans une ancienne grange, en 1913 Cecil B. DeMille met en boîte le premier long métrage hollywoodien. Bientôt, autour de Sunset Boulevard viennent se greffer un ensemble de studios formant la future mecque du cinéma, dont la plupart sont encore aujourd’hui en activité : la 20th Century Fox, la RKO, la Warner Bros, la Paramount ou United Artists né de l’association de trois stars, Mary Pickford, Charles Chaplin et Douglas Fairbanks Jr. L’année précédente, au nord de Hollywood, Carl Laemmle, propriétaire d’un modeste studio, s’est associé avec six concurrents producteurs-distributeurs, qui comme lui entendent mettre fin au monopole du trust Edison-Biograph tant sur la fabrication que l’exploitation cinématographique. Laemmle devient le premier président de cette cité du cinéma qui prend le nom d’Universal. Un siècle plus tard, parallèlement à une vaste rétrospective des films présentée jusqu’à la fin février à la Cinémathèque française, un livre choral raconte en 101 films la formidable saga de ce studio, l’un des cinq hollywoodiens qui ont compté durant l’âge d’or du cinéma. Cette aventure commence avec Irving Thalberg, l’un des producteurs les plus inventifs, qui n’a que dix-neuf ans lorsqu’il est engagé par Universal. Il n’y reste que trois ans, mais selon Jean-Luc Godard il a été « le seul qui, chaque jour, pensait cinquante-deux films ». En 1923, il quitte Universal pour Louis B. Mayer qui va créer dans moins d’un an la Metro-Goldwyn-Mayer.

De cette époque héroïque date « Broadway », l’histoire des amours contrariés d’un meneur de revue. Bien que réalisé en 1929, c’est d’abord un film muet, le premier dont le budget dépasse le million de dollars. Pour pallier l’absence de son - le film existera dans les deux versions muet et parlant, avec une dernière séquence tournée en technicolor -, la caméra se montre virtuose « jusqu’à concevoir une grue géante capable d’effectuer une rotation de trois cent soixante degrés ». Comment faire oublier la voix alors que depuis « Le chanteur de jazz », elle envahit les écrans, brisant des carrières de stars incapables d’articuler le moindre dialogue. C'est le grand mérite de ce film.

C’est aussi l’histoire de « The Artist », ou comment en 2011, un jeune producteur français, Thomas Langmann, digne fils de son père Claude Berri, se lance dans une aventure dans laquelle personne, dans le petit monde du 7e Art, n’aurait mis un euro. Réalisé majoritairement en noir et blanc, dans quelques lieux mythiques hollywoodiens, par Michel Hazanavicius, « The Artist » éblouit et remporte une belle moissons d’Oscars (film, réalisateur, acteur, musique, costumes, une première pour un film français, pour un acteur français), six César (dont un à Bérénice Bejo), un prix d’interprétation pour Jean Dujardin au Festival de Cannes qui semble être passé à côté de ce film après l’avoir plébiscité en compétition. Un album nous replonge en images et des textes signés par la critique Ariane Allard, dans cette aventure d’un cinéma muet revisité, et ses secrets de fabrication. Un livre pour prolonger la magie d’un film qui a tout d’un chef-d’œuvre. Autant se faire plaisir.

Richard Pevny

« Tha Artist le livre » de Michel Hazanavicius et Ariane Allard. Editions de La Martinière. 208 p, 30 euros.

« Universal Studios, 100 ans de cinéma » sous la direction de J.-F. Rauger. Editions de La Martinière. 280 p, 45 euros.

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14/09/2012

Steven Spielberg : le temps de la rétrospective

p158 - Schindler's List - copyright Universal Studios.jpgp279 - Spielberg Close Encounters of the Third Kind - copyright Corbis (Sunset Boulevard).jpgC'est l'histoire d'un chanceux. Un homme qui fait depuis plus de quarante ans le métier qu'il aime, le métier qu'adolescent il rêvait de faire : tourner des films. « J'ai eu de la chance d'avoir du succès au box-office et de bénéficier dans une certaine mesure des faveurs de la critique », confie-t-il à son ami et critique de cinéma Richard Schickel. Steven Spielberg qui n'avait pas de notes suffisantes pour intégrer le département cinéma de l'université de Los Angeles, s'est fait tout seul, au culot comme son aîné Orson Welles.
A 18 ans, en vacances à Canoga Park, le jeune Spielberg visite le studio Universal. Et c'est là, alors qu'il a faussé compagnie au groupe de visiteurs, que son destin bascule. Il rencontre le directeur de la Cinémathèque qui devant son enthousiasme lui fait établir un laisser-passer pour trois jours. Trois jours plus tard, il se présente à l'entrée en costard et cravate, son badge au bout des doigts. Scotty, le gardien, le prend pour le fils de Lew Waserman, le grand patron du studio, et le laisse entrer. « Il passa le reste de l'été à arpenter les studios d'Universal », écrit Richard Schickel. Cette anecdote fait depuis toujours partie de la légende du studio.
L'amour du cinéma, Steven Spielberg en avait attrapé le virus en regardant à l'âge de 5 ans "Sous le plus grand chapiteau du monde" de Cecil B DeMille. A 12 ans, avec la caméra paternelle, il tourne "Firelight", semble-t-il son unique navet. Plus tard, il va tourner "Amblin", un road movie en auto-stop de vingt-six minutes que Paramount programmera en première partie de "Love story".
Chuck Silvers, l'homme qui lui avait fourni le fameux laisser-passer, montre "Amblin" au responsable des séries télévisées du studio, et voilà Spielberg nanti d'un contrat de sept ans. Il tournera entre autre quelques épisodes de "Columbo", puis "Duel", l'histoire d'un représentant de commerce poursuivi par la folie meurtrière d'un routier. Sorti en Europe en salles, "Duel" devient très vite un film culte. "Sugarland express" va contribuer à asseoir la réputation de Steven Spielberg. Mais c'est le film suivant, "Les dents de la mer", qu'il tourne à l'âge de 24 ans, qui va le propulser en tête du box-office. Lui-même dit que ce film a été son enfer, notamment du côté de Bruce, le requin mécanique, qui refusait de fonctionner, obligeant le réalisateur à se montrer inventif, à suggérer plus que montrer, la musique de John William, répétitive, obsédante, faisant le reste ; un peu comme la partition de Bernard Herrmann dans le "Psychose" d'Hitchcock. Le succès phénoménal des "Dents de la mer" allait apporter à Steven Spielberg une liberté de travail et de création qu'il n'a jamais perdue.
Richard Schickel analyse l'œuvre du cinéaste film par film, aidé par quelque 400 documents sortis des archives du cinéaste. Une œuvre qui évoque à travers quelques héros sortis de l'enfance, le rêve américain d'un petit garçon déchiré par le divorce de ses parents.
Richard Pevny
"Steven Spielberg, la rétrospective" de Richard Schickel. Editions de La Martinière. 288 p., 400 documents inédits. 35 euros.

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08/08/2012

Beaux monstres

Ce qu’il y a de bien avec les biographies de stars hollywoodiennes disparues, c’est qu’à intervalles réguliers – dates anniversaires – elles nous donnent l’occasion de nous replonger dans un âge d’or du cinéma, quand Hollywood en était la Mecque et les studios des usines à rêves; le meilleur des antidépresseurs dans un monde en crise. Regardez Ava Gardner, plus de vingt ans après sa mort, elle garde entier son pouvoir de séduction. Elle n’avait que dix-sept ans quand elle a été recrutée par la MGM. «Garçon manqué dans un corps de femme fatale » de Caroline du Nord, son sort se joue le week-end, quand elle prend l’autocar et rend visite à New York à sa soeur aînée Bappi et son fiancé Larry Tarr. Dans la rue, elle croise le regard d’Henry Fonda qui lui lance mine de rien :
«Vous êtes une très jolie petite demoiselle. Vous devriez aller à Hollywood». Larry qui
est photographe professionnel à l’angle de la 5e Avenue et de la 63e Rue, va y contribuer.
L’adolescente a tout de la créature de celluloïd: port de reine, taille de guêpe, teint laiteux, cheveux épais et bouclés, yeux vert absinthe. La photo intéresse la MGM, on la convoque donc pour un bout
d’essai. Problème, son accent du sud, elle avale les consonnes. Le bout d’essai envoyé à Hollywood sera muet. «Avec ce que je voyais dans l’objectif, elle aurait pu aussi bien parler chinois ou russe,
ça ne changerait rien à l’affaire»,
dira l’un des responsables du bureau de New York. Le retour ne se fait pas attendre: «Dites à New York d’expédier la marchandise, c’est du premier choix ». Ava ne sera jamais secrétaire tapant, dit-elle, cent trente mots à la minute, confinée dans une petite officine de Rock Ridge.
Ava, la brune incendiaire, sera offerte au regard de milliards de spectateurs voyeurs, irradiant la planète de cette «beauté insoutenable, amère, presque inconcevable» (1). Comme dans cette scène
des «Tueurs» de Robert Siodmak en 1946, où elle apparaît assise sur un guéridon,
les jambes croisées, la longue robe noir fendue juste au-dessus du genou. Dans «Pandora », «elle devient la plus belle amante que le cinéma nous ait offert». Le film a été tourné en 1951 à Tossa de Mar sur la côte catalane dans un technicolor que magnifie la photo de Jack Cardiff. C’est
la première apparition d’Ava Gardner dans un film en couleur (2). Un rêve de cinéma hollywoodien en décor naturel.
Ava Gardner, femme fatale à l’écran et dans la vie. Les stars ne sont jamais ce qu’elles laissent paraître. Etre en représentation est un business à plein-temps sept jours sur sept.
Brando bad boy
Marlon Brando est un cas à part. Aucune considération de sa part pour Hollywood, son star-system. Il traite Louella Parsons, l’une des deux échotières (l’autre est Hedda Hopper) aussi célèbres que les movies stars, de «grosse mémère». C’est un bad boy qui deviendra grâce au cinéma l’archétype du blouson noir, posant sur sa Triumph Thunderbird pour chambre d’ado à l’époque des yé-yé et de l’éphémère Vince Taylor. Brando, son pouvoir c’est son physique.
Il a la beauté du diable et un talent fou. Des deux il va abuser, avec les hommes comme avec les femmes. Brando a une libido d’enfer. Il les possédera toutes ou presque, Frank Sinatra qui a des relations le fera menacer de castration s’il touche à Ava Gardner. C’est un queutard Brando. De Vivien
Leigh, par exemple qu’il rencontre pour le tournage d’ «Un tramway nommé désir», il dit : «J’avais tellement envie de la baiser que j’en avais mal aux gencives ». Une «fuck machine», selon François Forestier (3).
Découvert par Elia Kazan qui luidonne son meilleur rôle, Brando se contentera par la suite de «films affligeants, de niaiseries invraisemblables, de navets ahurissants », payé 19 millions de dollars pour
jouer neuf minutes dans «Superman». Seul Coppola réussit à l’intéresser au «Parrain ». Il s’en sert pour se refaire une virginité, redorer son blason, au point que sur le plateau, hors caméra, «il continue à parler avec la voix du Parrain, une voix étouffée, rauque, chuchotant». Côté vie privée, Brando multiplie les coucheries ne sait plus très bien combien il a d’enfants. L’un d’entre
eux, Christian abat d’une balle l’amant de sa soeur Cheyenne dans le salon du 12 900 Muhlolland drive. Cheyenne qui, fragilisée par ce drame, se suicidera. Brando finira sa vie dans ce bunker construit par Howard Hughes et que Nicholson, son voisin, fera raser, en «fantôme obèse» «noyé dans sa graisse».
Richard Pevny
(1) «Ava la femme qui aimait les hommes» d’Elizabeth Gouslan. Laffont. 232 p., 21,30 euros.
(2) «Pandora» d’Albert Lewin, restauré. Editions Montparnasse.
(3) «Un si beau monstre» de François Forestier. Albin Michel. 285 p., 19,50 euros.

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15/05/2012

Marlene Dietrich, ange et petit démon

On pardonne tout aux stars. Même pour certaines d'entre elles, leur sale caractère ou leurs insupportables caprices. Tout pour ces quelques moments de magie grâce auxquels elles nous font oublier nos existences de simples mortels. Car, contrairement au commun d'entre nous, les stars sont immortelles. Enfin, les stars, tel que ce terme les désignait à l'époque des grands studios, quand Hollywood était, selon Blaise Cendrars, La Mecque du cinéma mondial.Marlene Dietrich est décédée il y a tout juste vingt ans, à l'âge vénérable de quatre-vingt-dix ans, à Paris. C'est au quatrième étage du 12 de l'avenue Montaigne qu'elle avait choisi de vivre au début des années soixante et dont elle ne quitta plus le lit les treize dernières années de sa vie, réglant de sa chambre ses affaires, rédigeant son courrier, y faisant même sa cuisine - c'était un cordon-bleu - sur un réchaud de fortune, donnant ses ordres stricts à quelques « esclaves » selon le mot employé par sa fille Maria Riva.
Parmi eux, l'animateur de radio Louis Bozon. « Je dois peut-être cet honneur et cette fidélité à une certaine soumission ou, si l'on préfère, à ma faculté d'éluder les conflits », écrit vingt ans après celui qui fut « l'ami de cœur ». Car être la domestique, le médecin, la secrétaire, l'avocat de Marlene Dietrich, ou « l'ami » qui peut se transformer en larbin voire en souffre-douleur, se méritait. Une de ses femmes de chambre ne la qualifiera-t-elle pas de tyrannique.
Marlene Dietrich se voulait unique, ne comprenait pas que son personnel puisse faire la queue chez le boucher ou à la pharmacie. Elle était « habituée à ce que le monde entier s'efface et s'ouvre devant elle ».
Elle n'était pas seulement une légende hollywoodienne, au même titre que sa rivale Garbo, elle était « L'Ange bleu », l'héroïne du film de Josef von Sternberg, réalisateur allemand avec lequel elle avait fait la conquête d'Hollywood, et sous la férule de ce pygmalion, qui fit de la jeune débutante berlinoise une actrice au corps androgyne et au visage diaphane, elle devint cet être fascinant et mystérieux, qui à plus de soixante-dix ans, avec sa voix rauque, ses longues jambes, son visage vierge de toute chirurgie esthétique, envoûtait encore le public de ses récitals, de Londres à Sydney et de Paris à Los Angeles. Marlene Dietrich pouvait donc se permettre de traiter d'égal à égal avec la reine Elisabeth II ou le général de Gaulle ; n'avait-elle pas revêtu l'uniforme (pièce unique de grand couturier) durant la Seconde Guerre mondiale. Elle savait tout aussi bien éconduire les impertinents, telle star de passage à Paris, en imitant au téléphone la voix d'une domestique ; la plupart n'étaient pas dupes. Cela s'appliquait à ses propres petits-enfants. Pour ne pas les recevoir, elle inventait des excuses ou faisait dire par le concierge que « Madame n'est pas là ». Et s'ils lui écrivaient elle renvoyait « leurs lettres avec le courrier des fans, sans aucun commentaire », souligne sa fille en 1993 dans un livre où elle livrait la part de lumière de Marlene, mais aussi son côté obscur.
Louis Bozon est, certes, lui, plus nuancé, mais n'occulte rien de la Marlene excessive en tout, les dépenses comme l'économie. Elle pouvait se montrer « garce », selon son mot, et « avait le sens de la réplique assassine », écrit-il. Seul, Gabin, son grand amour, lui avait tenu tête : « La Pruskott, tu commences à m'emmerder...», lançait-il.Exigeante en amitié comme en amour, elle ne réussit pas à garder Gabin, et de ses amants « innombrables », elle ne sut jouir, attendant que le numéro d'acrobatie passe. « Pendant ces moments, ma seule préoccupation a été de savoir ce que j'allais leur préparer en cuisine, car, après, ils ont toujours faim », confiera-t-elle à Louis Bozon qui ne se crut pas obligé de passer par l'épreuve de gymnastique.
Richard Pevny

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14/04/2012

Marcel Pagnol, Louis de Funès : les biographies

Les livres consacrés à Louis de Funès ne sont pas légion. Lui qui n'était pas avare de mimiques provoquant des rires en cascades n'a guère inspiré les « faiseurs » de biographies. Aussi, celle publiée en fin d'année par Jean-Jacques Jelot-Blanc est intéressante, sinon indispensable, à plus d'un titre. D'abord, pour avoir écrit en 1993 - dixième anniversaire de la disparition de De Funès - une première biographie consacrée à son illustre acteur, Jean-Jacques Jelot-Blanc maîtrise son sujet. On lui doit également deux biographies de Bourvil, une de Fernandel...
C'est un connaisseur des grands comiques français de l'après-guerre. Son Louis de Funès est autant une biographie de l'interprète d' « Oscar » , qu'un album de famille illustré de quelque 350 photographies.
Enfin, il l'a écrit en collaboration avec Patrick de Funès, fils aîné de l'acteur, fils « caché » devrait-on dire, puisque l'enfant de la première femme de Louis, né en 1937, à l'époque des galères, qu'a relégué aux oubliettes sa seconde épouse. On doit à cette dernière d'avoir grandement aidé à faire décoller la carrière de son mari, qui rencontrera le succès, la cinquantaine venue, en 1964 avec « Le gendarme de Saint-Tropez ». Par la suite, en quatre films, Gérard Oury donnera au comédien un statut de star du rire. Reste que Daniel de Funès qui ne voyait son père qu'en cachette et l'appelait Louis, sera exclu de l'enterrement. Aujourd'hui, il n'a, dit-il, aucune relation avec ses deux demi-frères, qui en retour l'ignorent.
C'est une tendance aujourd'hui, faire participer les enfants au culte de la mémoire de leurs célèbres parents. Nicolas Pagnol est le petit-fils du grand Marcel. Il est président de la Compagnie méditerranéenne de films créée par son grand-père en 1944.
Il est vrai que Marcel Pagnol n'est pas seulement l'auteur d'une célébrissime trilogie marseillaise, du diptyque Jean de Florette-Manon des sources et des Souvenirs d'enfance que l'on aime relire comme miroir de notre propre enfance, il était aussi cinéaste (22 films), certes quelque peu atypique qui organisait des parties de pétanque entre deux scènes. Il avait aussi, apprend-on, la passion de la mécanique, de la physique, s'intéressait aux sourciers. Son fils Frédéric deviendra ingénieur électronicien.
Marcel Pagnol est ici raconté en famille ou avec ses amis, dans l'intimité d'une vie riche en créations.
Richard Pevny
«Louis de Funès, l’Oscar du cinéma» de J-J Jelot-Blanc. Fammarion. 208 p., 25 euros.
«Marcel Pagnol, l’album d’une vie » de Nicolas Pagnol. Flammarion. 224 p., 29,90 euros.

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08/09/2011

Danse avec les mots

Dans un 747 au-dessus de l’Atlantique, le narrateur évoque la figure de celui pour lequel il a entrepris ce voyage vers Caracas, une ville où la vie ne vaut pas un bolivar, la monnaie locale, capitale d’une dictature ordinaire. Enlevé, assassiné, il ne sait ce qu’il retrouvera de son ami Xabi - prononcez comme Baixas - Puig, philologue, écrivain né à Perpignan, qui ponctue ses phrases d’un «Ca !» bien marqué. A 10 000 mètres au-dessus d’un océan «gris et ridé comme un hippopotame», le narrateur ou Dantzig tant ce dernier révèle beaucoup de lui-même dans ces pages, décrit un intellectuel talentueux, raffiné, rieur, chaleureux, le visage mince, le teint pâle, la voix de baryton, de longues jambes et un sourire lumineux.
Au fil des pages se dessine le portrait d’un honnête homme, qui a des idées, un idéal de justice et de liberté, un homme qui aime les mots, les traque, les renifle. On peut mourir pour un mot, c’est peut-être même ce qui est arrivé à Xabi, parti pour le Venezuela écrire sur Chavez, dictateur déguisé en libérateur. On sait que dans toute rébellion sommeille une dictature, même la révolution française, qui est pour toutes les autres un modèle du genre, n’a pas échappé à la terreur.
«Mélange de dictature et de rigolade, de réaction et de porcherie», tel apparaît l’homme fort du Venezuela, fort surtout de sa manne pétrolière, putschiste réhabilité, bête noire de la CIA, mais ami de Castro, élu par les barrios, et une opposition corrompue incapable, président de la République bolivarienne du Venezuela dont la vie ne tient plus qu’au savoir-faire de médecins cubains .
Dans l’avion soumis aux turbulences du pot au noir, ce passage que redoutaient les premiers transporteurs du courrier entre France et Amérique du Sud - «les avions ont beau être des trains volants, on dirait que de leur origine presque mythique ils ont gardé quelque chose de fier» -, le narrateur se remémore les mots de Xabi, l’amitié de Xabi. Il évoque une lettre de Garbo à la princesse Grace en 1965 («Je n’ai pas tellement fréquenté d’être humain ces temps-ci»), Gala qui s’envoyait en l’air avec tous les boutonneux de Cadaquès («Dans la voiture, elle les branlait»), Ceausescu, dictateur analphabète, qui incapable de prononcer correctement le mot expresia, l’avait fait supprimer du dictionnaire. Quant à Perpignan, Charles Dantzig n’a pas été sensible aux charmes cachés de l’ancienne capitale, oubliée, délaissée, déclassée, son vieux coeur délabré, mais qui ne demande qu’à se laisser désirer.
Charles Dantzig emploie quelque part l’expression «frôleur de littérature», comme une perche tendue à la critique. Cet écrivain entretient avec la littérature une passion qui ne souffre pas de l‘usure des vieux couples. Dantzig joue dans ce roman avec les mots, mots d’amour qui restent même quand les amours sont mortes, plaisir des mots qui demeure longtemps après en avoir refermé ce livre. Dans un avion pour Caracas, Charles Dantzig regarde par le hublot de l’avion comme on se regarde dans un miroir.
Richard Pevny
« Dans un avion pour Caracas » de Charles Dantzig. Grasset.

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Jane M.

Nuit et brouillard. La Buick Electra 225 bleu métallisé s’est encastrée dans le semi-remorque à dix-huit roues arrêté sur l’US 90 qui relie Biloxi à La Nouvelle-Orléans. Dans la voiture accidentée, quatre chihuahuas, deux ont survécu. Et les enfants, Miklos, 10 ans, son petit frère Zoltan et leur sœur Mariska, trois des cinq enfants de l’actrice, blessés mais vivants. Les autres, trois adultes, dont l‘actrice elle-même, sont morts. La Buick roulait vite, n’a semble-t-il pas vu le mastodonte, à cause du nuage d’insecticide répandu plus tôt.
D’elle, de ce corps qui faisait encore fantasmer l‘Amérique des camionneurs, il ne reste rien de reconnaissable, juste une forme sanglante, en minirobe déchirée, le haut du crâne éclaté, répandant un peu partout de la matière cervicale, ce qui entretiendra longtemps la légende d’une décapitation.
Deux heures plus tôt, pour 9 500 dollars, « la reine du sexe » a donné un dernier spectacle de son corps à demi-nu dans une minable boîte de strip-tease. Elle avait été élue Miss Queen of the Chihuahua Show en 1952 et 53 et Gas Station Queen la même année. Mais ce 29 juin 1967, Jane Mansfield n’est plus que l’ombre de ce qu’elle avait compté pour les manchettes. Même si elle réussissait encore à créer un certain émoi sur le parking d’un restaurant routier. Bagarres, expulsions, procès en cascades, la vie de Jane Mansfield n’était plus qu’une suite de scandales, ce qui quelque part contribuait à assurer sa publicité, son gagne-pain. Une centaine de demandes d’interviews arrivait chaque semaine à son domicile et son indice de notoriété était comparable à celui de Bardot, des Beatles et de Paul VI.
«C’était la seule star internationale à accepter tout ce qu’on lui proposait», inauguration, parade, strip-tease, écrit Simon Liberati, qui dresse un compte rendu clinique de la vie, la carrière et la mort de Jane Mansfield.
«Symbole de l’ancien Hollywood, créature de Frankenstein lancée par la régie publicitaire de la Fox contre Marilyn Monroe» dont elle n’avait su garder que le côté effeuilleuse, le jeu de Jane Mansfield restait limité, d’où une longue liste de nanars, en «Blonde explosive», caricature de la blonde écervelée qui affichait dans la vraie vie un Q.I. de 163. Pas mal pour une idiote. Elle avait été l’actrice la plus photographiée en son temps, «elle sut soutirer au diable la sortie la plus spectaculaire des années bitume, douze ans après James Dean», quinze ans avant Grace et trente ans avant Diana. Revers de la médaille, elle est aussi devenue la movie star la plus vite oubliée.
Richard Pevny
mansfield.jpg«Jane Mansfield 1967» de Simon Liberati. Grasset.

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22/05/2011

Critique élogieuse sous forme épistolaire

jacob.jpgCher Gilles Jacob. Chaque soir durant le festival de Cannes, aux alentours de 18h 45, on vous trouvera perché en haut des marches du Théâtre Lumière, hiératique, droit dans votre smoking noir, le regard du « guetteur » perdu sur la foule, tel un seigneur au balcon de son château, « un gentil sourire de Mona Lisa par instants au coin des lèvres » , écrit de vous Lionel Chouchon, qui a créé entre autres les festivals d‘Avoriaz, de Deauville et de Cognac (1). Depuis trente ans ou plus, vous régnez - mais ce n’est pas un pouvoir sans partage - sur le Festival international du film. On vous sait obstiné pour avoir tenu tête ou résisté aux uns et aux autres, les politiques, les producteurs, Hollywood et même les réalisateurs. Vous avez fait de Cannes le premier festival de cinéma au monde. Cannes n’a pas été seulement un découvreur, la liste serait trop longue, il a permis à des films, des cinéastes privés de liberté, de parole, de création, d’être entendus ou plutôt vus. Encore cette année. Quant aux Palmes d’or les plus contestées, sifflées, elles sont aujourd’hui pleinement reconnues. Mais vous avez raconté tout cela en 2009 dans un livre savoureux, « La vie passera comme un rêve ». Depuis que vous n’êtes plus qu’un honorifique président du Festival dont la voix reste écoutée, vous vous êtes souvenu de votre précédent métier, critique à L’Express. Ainsi, vous livrez une soixantaine de lettres rêvées à des gens de la profession, mais pas seulement - le chef d’orchestre Claudio Abaddo, la pianiste Martha Argerich, les écrivains Le Clézio, Truman Capote et même le maire de Paris font partie des heureux destinataires de cette correspondance imaginaire.
La plupart sont amoureuses, car elles sont toutes écrites à des personnes pour lesquelles vous avez de l’amitié, de la sympathie, de l’admiration. Même votre confession au Maréchal Juin raconte une éducation sentimentale dont le chef d‘état-major n‘est que le témoin indirect. Certaines sont obstinées. Cinq d’entre elles sont destinées à Juliette Binoche. Feu le président Mitterrand avait cette même pathologie pour laquelle on ne souhaite aucun remède. Je fus moi-même intimidé par cette porteuse de clé des songes la première fois que je la vis à la villa UGC sur les hauteurs de la Bocca où elle recevait la presse pour le film d’André Téchiné « Rendez-vous ». Cherchez pas, nous étions en mai 1985.
4 juillet 2010 : « Une jeune et jolie personne porte bonheur à un journaliste chaque fois qu’ils sont ensemble », écrivez-vous page 273. Vous vous doutiez que cela serait repris, que votre admiration, votre affection pour « ma chère Juliette » serait partagée. Voilà, c’est dit !
Et Rita ou devrais-je dire « Gilda ». Vous nous racontez l’avoir enlevée dans le hall de l’hôtel de Paris à Monte-Carlo. Vous lui avouez avoir vu le film de King Vidor trente-sept fois. « Un léger trouble sensuel nous reliait l’un à l’autre telle une formule chimique ». Comment faites-vous ? En 1981, mon premier festival, je cherchais comme un malade le numéro de chambre d’Isabelle Adjani au Majestic. Je l’a décrivais me scrutant, silhouette parmi d’autres sur la Croisette, derrière les lourds rideaux de sa suite. Mon imagination n’est aussi fertile. Et Gene Tierney, « aussi belle au-dedans qu’au-dehors ». Votre correspondance ne rapporte pas juste les rêveries d’un cinéphile amoureux de créatures longtemps inaccessibles, elle parle de films, d‘une autre dimension qui n’est pas, nous le savons, tous, la vraie vie, même si parfois elle s’en approche. Enfant, je m’étais glissé, le cœur battant, dans les coulisses de la salle paroissiale où j’espérais bien apercevoir le vrai Charlot. Tel le Woody Allen de « La rose pourpre du Caire » je ne cesse de passer d’une dimension à l’autre, entre fiction et réalité. En près d’un demi-siècle de fréquentation des cinémas, j’ai fini par confondre le jour et la nuit des salles obscures. Une nuit américaine sans fin.
Richard Pevny
« Le fantôme du capitaine » de Gilles Jacob. Robert Laffont. 341 p., 20 euros.
(1) "Mon papa Razzi" de Lionel Chouchon. Editions du Rocher.

Belmondo, enfin une Palme d'or !

belmondo.gif Longtemps le box-office hexagonal n’eut d’yeux que pour lui. Cette belmondomania ne plaisait pas à tout le monde. Une partie de la critique l’accusait de faire de l’ombre au reste du cinéma français. On lui fit de mauvais procès. Parce que « L’as des as », « Le professionnel » ou « Le marginal » réalisaient de 5 à 5,5 millions d’entrées France. « Moi, j’avais de la chance, je pouvais faire un Godard, un Verneuil, un Melville, un Louis Malle… Aujourd’hui, c’est beaucoup plus dur » , confiait-il au magazine Première en octobre 1985.
Onze ans plus tard, c’est lui qui se retrouvait marginalisé, son adaptation de « Désiré » de Sacha Guitry par Bernard Murat souffrait à son tour de l’impitoyable loi du marché qui fait que certains films sortent avec plusieurs centaines de copies, d’autres avec quelques dizaines. « Désiré » se trouvait dans ce dernier cas. L’objet du désamour national décida donc que son nouveau terrain de jeu serait désormais la scène. Il est vrai que c’est pour le théâtre qu’il était entré en scène. Il avait 18 ans. Il venait de clore une tournée théâtrale calamiteuse dans les Pyrénées-Orientales en compagnie du jeune Guy Bedos. Ce serait le Conservatoire ou rien. Ses nouveaux amis s’appelaient Françoise Fabian, Marielle, Rochefort, Claude Rich, Bruno Cremer, Pierre Vernier… Il en reste cette photo d’un Belmondo porté en triomphe le 4 juillet 1956 sur la scène de l’Odéon où avaient lieu les épreuves du concours de sortie, face à un public « l’applaudissant à tout rompre » , écrit son meilleur biographe Philippe Durant; Jean-Paul exécutait même un bras d’honneur en direction du jury. Belmondo n’avait eu droit qu’à un « rappel du premier accessit » . Il est vrai que le turbulent apprenti comédien ne faisait rien pour se faire aimer de ses professeurs. Parmi ceux qui auraient maille à partie avec lui, un certain Pierre Dux dont il fréquentera quatre années durant la classe, et qui le distribuait presque uniquement dans les rôles de valet de comédie.
Un jour, lors d’une fête au Conservatoire, Belmondo fait entrer un clochard en le présentant comme son père. Le lendemain, Pierre Dux offrira pour ce père dans la dèche un de ses costumes. « Lorsqu’il apprit la vérité, il ne me l’a jamais pardonné », se souvient l’acteur pour qui la vie était une scène de comédie permanente. Belmondo ne pouvait s’empêcher de faire rire, même dans les scènes tragiques. Jouant Claudel, il n’avait qu’une phrase et dire : « Mon petit pain est gelé ». Mais il l’avait fait en imitant Michel Simon, multipliant les grimaces et provoquant les rires étouffés du public.
Après de timides débuts au cinéma, Marc Allégret le distribue dans deux de ses films, « Sois belle et tais-toi » et « Un drôle de dimanche »; il y fait la connaissance d’Alain Delon. Il joue sur scène tour à tour « La mégère apprivoisée » et « Oscar ». Marcel Carné le remarque et pense à lui pour le rôle principal des «Tricheurs ». Mais c’est Laurent Tazieff que le réalisateur découvre à la télévision qui emporte le rôle. Belmondo se voit proposé un second rôle « tout à fait négligeable sur le plan de l‘intrigue ».
Sur la plateau, la jeunesse de Saint-Germain-des-Prés est turbulente. « Nous faisions les idiots », se souvient Bébel. Carné « n’arrivait plus à les tenir et recevait des « T’as gueule, Marcel »! Un jour où le whisky avait trop coulé, pour faire plus vrai, Belmondo traité le réalisateur des « Enfants du paradis » de « vioque».
Et puis c’est la rencontre avec Jean-Luc Godard. « Je le croisais souvent chez Lipp où il me fixait, mal rasé, derrière ses lunettes noires… Je crois bien qu’il me faisait peur », confesse-t-il en 1987 dans Télérama. « A bout de souffle », qui devait jouer le rôle de chef de file de la Nouvelle Vague,  est tourné sans dialogue puisqu’il n’y avait pas de son direct, Godard soufflant les répliques quand il le fallait. Le cinéaste invente une manière de filmer, une manière de parler. On croira longtemps à un film improvisé, sans scénario, or chaque matin, Godard écrit les huit pages qui correspondent aux quelques minutes de film mis en boîte durant la journée. « C’était très précis, confie l’acteur à Philippe Durant. Il avait un petit cahier d’écolier où tout était écrit ». Belmondo pensait que ce film bricolé ne sortirait jamais. Ce fut un triomphe. « Du jour au lendemain, j’avais dans les bras pour partenaires Sophia Loren et Gina Lollobrigida. J’étais fasciné. J’ai continué ». >Philippe Durant, auteur de plusieurs livres consacrés à Simone Signoret, Gérard Philipe ou Michel Audiard, a écrit en 1993 l’une des plus complètes biographies sur Jean-Paul Belmondo. Ces jours-ci paraît la troisième réédition de ce pavé sur l’un des acteurs légendaires du cinéma français à qui le Festival de Cannes a rendu hommage le mardi 17 mai en lui décernant une Palme d'or. Il y eut une montée des marches des anciens du Conservatoire. On évoqua « Léon Morin prêtre », « Pierrot le fou », « La sirène du Mississipi », « Stavisky », « Borsalino », « Le doulos », « L’homme de Rio »… les titres de ces films au patrimoine du cinéma français sont impressionnants. On oubliera son retour, après son accident vasculaire de 2001 qu’il a surmonté avec une grande détermination, dans un film de Francis Huster (« Un homme et son chien ») où beaucoup d’amis sont venus faire de la figuration pour ce que beaucoup ont pensé comme des adieux au cinéma
« Aujourd’hui, je crois que je stopperai Quand ça ne m’amusera plus. Je n’ai jamais eu besoin de jouer pour de l’argent ou pour courir vers une gloire éphémère. J’ai encore des choses à apprendre », dit-il après soixante ans de carrière et quelque 80 films « au compteur » .
Richard Pevny >« Belmondo » de Philippe Durant. Robert Laffont. 656 pages, 24 euros.